C'était le gran d jour, ce samedi, pour la délégation de marcheurs de l'Entre-Sambre-et-Meuse présente en ce moment à Pékin, pour le Festival international du Folklore et du Tourisme.

Ils devaient parader devant plusieurs milliers de personnes, voire même plusieurs dizaines de milliers, dans le cadre du grand défilé de l'événement.

L'événement restera certainement gravé dans les mémoires des Belges, tant les ovations se sont succédé au fil de l'avancée de la troupe.

Au fil des pas, bien cadencés, sur le tarmac pékinois, les cris du public enflaient.

Comme si une star internationale descendait l'avenue en tête de cortège.

Une aventure exaltante et inédite pour les plus jeunes

Les plus jeunes n'en croyaient pas leurs yeux. Seul René Bertulot, le plus ancien des troupes, avait déjà connu pareille aventure exaltante: «En 1976, nous étions allés aux États-Unis et nous avions aussi été accueillis pareillement. À Dijon, aussi, de 1972 à 1994, nous avions paradé devant pas mal de monde, régulièrement. Mais c'était très chouette, tout s'est fort bien passé!»

Pourtant, avant de débarquer pour le défilé, les marcheurs nourrissaient quelques inquiétudes.

La veille, lors d'une répétition sur un terrain de football, il leur avait été signifié que le salut au drapeau qu'ils avaient prévu était bien trop long. Cinq minutes devant la tribune, ce n'était pas négociable: il fallait réduire à une minute trente. Quelques discussions entre Belges et Chinois. «Alors, nous ne ferons que passer en saluant!», tranche André Sainthuile, l'un des adjudants de la compagnie.

Cette frustration s'ajoutait à celle de ne pas pouvoir tirer de décharge, faut d'avoir pu importer les fusils.

Elle allait être triplée d'un nouveau camouflet, le samedi matin: au lieu de passer en troisième position du cortège, en tant que premier groupe étranger, ils étaient «rétrogradés» en 27e position!

Comme des stars

Tous ces événements, fort heureusement, n'ont pas entamé le moral des troupes.

Dès l'arrivée des marcheurs à hauteur du public, essentiellement composé d'enfants et de jeunes, venus des écoles locales, l'ovation et les cris ont ragaillardi les hommes.

«C'était comme si nous étions des stars!» clamera Mélissa, l'une des vivandières, qui porte le blason aux couleurs belges en tête de cortège.

D'autres défilés sont prévus, au fil du séjour de deux semaines à l'autre bout du continent. Notamment à Luoyang, la deuxième ville du pays.