Yves Lardinois est, dans le vocabulaire tant journalistique que politique, un « vieux briscard ». Le député provincial, dont les attributions l'appellent à s'inquiéter de la Province toute entière mais dont le coeur est définitivement ancré dans la métropole carolorégienne, a offert un spectacle rare, hier après-midi, au coeur même de la Maison de la Presse, rue Tumelaire.

Sur le coup de 13 heures, attendu par un parterre des meilleurs journalistes de la ville la plus peuplée de Wallonie, le député provincial est apparu avec une perruque chenue tandis que Philippe McKay, « senior » des journalistes carolorégiens et, par ailleurs, président de l'ASBL « Maison de la Presse », se présentait devant ses confrères avec une perruque de boucles blanches, évoquant sans coup férir le député provincial.

Exploitant jusqu'au bout l'idée de cet échange de personnalités, l'un a pris la parole au nom de l'autre, et vice-versa.

« Je n'ai jamais été avare de conférences de presse, entame le député provincial imposteur. Je suis d'ailleurs déjà de retour à la Maison de la Presse alors que j'y étais lundi aux côtés de Patrick Moriau pour la présentation de la nouvelle fédération PS. J'ai bien compris les difficultés financières qu'avait à affronter la Maison de la Presse de Charleroi d'autant qu'à peu de choses près, ce seront les mêmes difficultés en 2010 pour vous que pour nous » .

Ce à quoi Yves Lardinois, derrière ses lunettes à « triple » foyer, n'a pas manqué de réagir, endossant le rôle de son hôte : « Je constate que le mercato n'a pas été plus serein pour le landerneau journaliste carolo que pour les grands clubs footballistiques wallons. Ce qui est certain, c'est que 2010 représente le dixième anniversaire de notre maison de la Presse alors que son avenir n'est pas assuré pour autant. Une seule chose me semble acquise, c'est que nulle part ailleurs dans la province, les journalistes locaux ne font preuve de la volonté de perpétuer l'esprit de camaraderie professionnelle qui existe à Charleroi ! » .

Tout le monde s'accordant à cette évidence, le verre de l'amitié a ensuite déversé ses bienfaits.Seb. G