La sénatrice Marie-Hélène Crombé-Berton accompagnée de l'ancien échevin Albert Pesin, ainsi que des conseillers Jean-Louis Claux et Benoît Mat, et de quelques jeunes membres du MR a présenté sa manière de voir l'évolution de la ville de Tournai à mi-mandat. Deux autres conseillers s'étaient excusés.
Division...Ce qu'on retiendra d'abord de l'affaire, c'est que le MR étale sa division au grand jour. À l'heure où le PS se remet en ordre, avec l'arrivée programmée de Rudy Demotte, les réformateurs, parti pourtant gâté en nombre de personnalités, n'arrivent toujours pas à parler d'une seule voix.
Si la députée Marie-Christine Marghem est devenue la figure de proue du MR tournaisien par ses scores électoraux, nombre de conseillers libéraux dans l'âme affichent leur soutien à la sénatrice Marie-Hélène Crombé-Berton. Les uns, parce qu'ils ont toujours perçu Marie-Christine Marghem comme une pièce rapportée. Les autres parce qu'ils estiment que le parti aurait tort de snober les compétences de Marie-Hélène Crombé.
Or, ce n'est un secret pour personne, les deux femmes se supportent difficilement. C'est un euphémisme. Toutefois, qu'on nous épargne la vision machiste de ce conflit féminin : nombre d'hommes, en politique ou ailleurs, n'ont pas de relations plus amènes que « la blonde » et la « noire » comme certains se complaisent à les caricaturer vulgairement.
De là à verser dans l'angélisme... « Le MR est une fédération, rappelle Benoît Mat qui essaie de maintenir l'éolienne dans le bon sens. Plusieurs courants de pensée coexistent, la vision de la société peut ne pas être tout à fait la même... Il faut voir ces légères différences comme une opportunité. Et ne pas avoir peur de les exprimer. » Certes, mais l'élégance ne voudrait-elle pas qu'au minimum, les deux camps se tiennent informés ? Dans le cas présent, ni la chef de groupe (Mme Marghem), ni le président local (Armand Boite) n'avaient été informés. « Une situation que je vis régulièrement en sens inverse » se justifie Mme Crombé-Berton.
Pas de division....Sur le fond, on trouvera difficilement une divergence de vues consistante, assure Mme Crombé. Dans le bulletin de mi-mandat qu'elle dresse pour la Ville, la sénatrice évoque les grands aménagements : « attention à ne pas perdre la main au profit du privé toujours envisager le long terme ne pas s'enfermer avec un partenaire unique ».
Les finances sont bien tenues, mais des « pistes de réduction des dépenses sont à explorer (marchés de fournitures à grouper davantage, remplacement limité du personnel partant en retraite, choix énergétiques) ».
Sur la responsabilité politique après les « affaires » : « audit, procédures de contrôle, échelle de sanctions doivent trouver une concrétisation » .
Et pour les logements inoccupés, même si la perception des taxes progresse en la matière, il reste du chemin à parcourir pour parvenir à une vraie dissuasion ou plutôt une vraie incitation à remettre des inoccupés soit en vente, soit en location.
Enfin, en ce qui concerne l'arrivée de M. Demotte, Mme Crombé ne se démarque pas du sentiment général : « sans m'immiscer dans les affaires du PS, c'est une bonne chose pour Tournai. »
De fait on chercherait vainement la contradiction avec les propos de Mme Marghem tenus lors de notre rencontre récente dans le cadre de nos bilans de mi-mandat, et lors des voeux au MR. Et l'on en revient à la question de départ : quel intérêt a ce parti, uni dans la pensée, à se présenter divisé ? G.E.