«Je pense que le plus dur est fait... » , nous confiait Kathy Wambé de retour au pays pour la courte trêve des confiseurs. La voix enrouée par le rude climat qu'elle a dû réapprendre à supporter, la Péruwelzienne décrivait l0e parcours de rêve que son nouveau club de Cras Basket Taranto a réalisé.
Un tour d'EuroleagueDepuis l'ouverture de la compétition en élite italienne, elle n'a toujours pas connu la défaite. Onze rencontres et autant de succès pour une équipe qui compte quatre unités d'avance sur sa plus proche poursuivante, Schio, et six sur la réputée formation de Faenza. « J'avoue que sur certains matches on a eu chaud, mais on a bien géré les choses. » Meilleure défense du championnat, Taranto devrait ainsi pouvoir reconduire un titre national déjà décroché l'an dernier. « C'était l'objectif premier de la direction du club. Le second était que l'on passe le tour qualificatif de l'Euroleague. Et, là aussi, c'est très bien parti. On devrait terminer troisièmes de notre groupe derrière Ekaterinbourg et Valence. » Et devant Galatasaray Istanbul, Vilnius et Riga ! « Tout ce qu'on prendra ensuite, ce sera du bonus. » Inscrite avec succès en championnats d'élite en Belgique et en France, on savait Kathy rebelle aux grands déménagements. Un drafting vers la WNBA avait ainsi avorté de même qu'elle avait refusé les riches propositions russes d'Ekaterinbourg.
Pour l'Italie, l'âge avançant peut-être, elle avait accepté une concession temporaire. La casanière avait ainsi pris son baluchon pour vivre d'abord à Taranto un cruel déchirement dans sa vie personnelle.
« Les gens sont très fusionnels »Dur de construire quand les fondations vacillent.
Elle n'oublia pourtant pas qu'elle était d'abord professionnelle jusqu'au bout des ongles et rappela à tous qu'elle connaissait la valeur des contrats. « J'ai bien sûr dû trouver mes marques au début. Mais j'avoue être tombée dans une équipe très agréable. C'est la première formation où je ne perçois pas de gros problèmes d'entente entre des joueuses. C'est très professionnel tout en restant à la fois un club familial. » Première meneuse, Kathy développe dans le talon de la botte italienne un temps de jeu moyen de 28 minutes et affiche d'excellentes statistiques tant aux rebonds qu'aux points marqués où elle assure la dizaine régulièrement.
« Je me sens pourtant plus une étrangère que je ne pouvais l'être à Villeneuve-d'Ascq. J'essaye de rompre la barrière de la langue et de m'exprimer de plus en plus en italien ; je vais même prendre des cours à mon retour. J'aimerais vraiment à la fin de la saison pouvoir la parler avec aisance. Je dois aussi m'habituer à une culture différente. Au niveau des supporters, notamment. Là-bas, les gens sont très fusionnels... Dès qu'on va manger un bout quelque part et qu'on est reconnue, on est immédiatement prise à parti... Ce qui n'empêche qu'au niveau de la vie sociale normale, c'est un peu bizarre. En plus, c'est une petite ville où on n'a pas grand-chose pour s'aérer la tête... » Dimanche prochain, pour la reprise du championnat, Kathy se déplacera à Côme avant de prendre la route de l'Espagne et d'y disputer le mercredi 13 son avant-dernier match de qualification en EuroLeague contre Valence.