En mai 1990, l'oisellerie se nichait dans un bâtiment de la rive droite de l'Escaut, quai Saint-Brice. En vingt ans, l'oiseau a fait son nid ; le commerce est aujourd'hui un lieu incontournable pour de nombreux passionnés de volatiles et autres petits animaux. La création d'un site internet, voici deux semaines, apparaît comme un atout supplémentaire dans un marché de plus en plus difficile. « C'est surtout vrai depuis l'apparition de la grippe aviaire, et l'interdiction d'importation d'oiseaux venus d'Asie ou d'Afrique. Ce commerce était discutable, j'en conviens, mais c'est depuis cette époque plus ou moins que les commerces comme le mien ont subi durement la concurrence d'internet », explique Bruno Horincq. Quand un client devait débourser voici quelques années une dizaine d'euros pour acquérir un couple de petits Mozambique, il doit aujourd'hui sortir 150 € de son portefeuille pour des spécimens provenant exclusivement d'élevages. « Le problème, c'est que sur internet, n'importe qui peut s'improviser éleveur et vendre n'importe quoi, sans forcément devoir respecter de nombreux critères de qualité, de traçabilité... Même les conseils donnés sur la toile sont régulièrement fantaisistes ».

Le site internet www.oiselleriehorincq.be est, on s'en doute, un modèle de rigueur. Créé grâce à une photographe passionnée d'oiseaux, Catherine Henry, il devrait donner une meilleure visibilité au commerce, et l'ouvrir au marché français. Tous les spécimens de l'oisellerie figurent sur la page d'accueil du site. « Il a fallu de nombreuses heures de travail pour qu'ils posent correctement, chacun à leur tour, devant l'objectif », sourit Bruno Horincq.

À quelques jours de son cinquantième anniversaire, le commerçant tournaisien reste toujours très motivé, malgré la concurrence de plus en plus forte des grandes surfaces « qui veulent vendre absolument de tout ». Cependant, observe-t-il, beaucoup de gens viennent chez lui une fois que leur petit animal de compagnie connaît l'un ou l'autre souci de santé. Ou parce qu'il ne chante pas suffisamment... « Les oiseaux vivent avec le rythme de la nature, il faut en tenir compte. Pendant la période de mue, en juillet-août, le canari ne chante pas ; s'il vit dans un endroit baigné continuellement dans une lumière artificielle, cette période peut durer quasiment toute l'année... » Le commerçant est le plus heureux du monde quand il peut conseiller ses clients. Sur la façon de nourrir les oiseaux, ou d'obtenir des petits jeunes par exemple. Le plus souvent, ils se contentent du plaisir simple de mettre de la gaieté dans la maison. « Les amateurs de concours recherchent le canari parfait, tout jaune. Il arrive régulièrement que des clients choisissent un canari avec une petite tâche, car ça le rend différent et amusant ».