Si vous ralliez le Wex d'ici samedi, vous risquez bien de croiser l'un ou l'autre scout. Attention, ne cherchez pas dans les gradins un groupe d'adolescents arborant fièrement un foulard bicolore. Vous l'aurez deviné, les scouts dont il est question ici, on ne les reconnaît pas grâce à leur accoutrement, plutôt discret. Non, ceux-là, on les repère davantage grâce au calepin qu'ils sortent de leur poche en cours de match, pour y gribouiller quelques notes.
Le Sljivo, c'est l'événement de fin d'année à ne pas manquer pour les recruteurs. Richard Castro Montes, l'une des paires d'yeux déléguées par le Standard de Liège, peut en témoigner. Tous les jours, depuis le début du tournoi, il débarque à Marche dans l'espoir d'y dénicher l'une ou l'autre pépite. « Et je ne suis pas le seul, dit-il, d'emblée. Par exemple, dimanche, nous étions quatre du club à arpenter les allées du Sljivo. Et il ne faut pas croire que seul le Standard, qui compte entre 30 et 40 scouts dans le pays, est représenté. Des émissaires français et hollandais font également le déplacement. » Il faut dire que les jeunes promesses ne manquent pas. D'où la nécessité de venir en nombre, histoire de ne pas se faire griller la priorité par la concurrence et de ne pas laisser passer un joyau entre les mailles du filet.
« L'objectif, c'est de ne rien rater, confie Richard Castro Montes. Mais je peux très bien rentrer bredouille un jour et repartir avec une dizaine de numéros le lendemain. On essaye de voir un maximum de joueurs à l'oeuvre. Surtout les plus jeunes, l'idéal étant de débuter la formation le plus tôt possible. » Lorsqu'un élément tape dans l'oeil du recruteur, le modus operandi est simple. « Attendez, vous permettez deux minutes, je vais prendre les coordonnées du black », glisse-t-il, avant de s'éclipser. Le black en question n'est autre que Pierre-Célestin Nsamba Mbida, un cadet du RFC Saint-Hubert. Comme vous aviez pu le lire dans nos colonnes en début de tournoi, ce garçon est suivi par le FC Metz. Et il a déjà été testé par le Standard, qui l'avait alors jugé un peu court.
« Mais il m'a laissé une bonne impression. Il fait la différence à lui seul, donc je vais insister pour qu'il soit testé à nouveau, avance le recruteur. Comment ça se passe, une fois que j'ai noté les coordonnées ? Je les transmets au club, qui fait venir le joueur trois, quatre fois. Si le bulletin demeure positif, on le fait participer à un match amical. Mais pour engager un joueur, on doit être sûr de notre coup. On ne peut se permettre de payer la formation et l'internat à n'importe qui. » Prenons le cas du jeune Borquin, qui évolue actuellement en cadets régionaux et qui ne s'entraîne qu'une fois par semaine. Serait-t-il capable de faire le grand saut ? Rappelons qu'au même âge, à Sclessin, les gamins ont droit à six séances hebdomadaires. Et n'affrontent pas Tellin, Roy et Nassogne, mais bien Anderlecht, Bruges ou encore Genk.
« Mais le fossé est franchissable », assure le visionneur.