Fumal : l'ancienne for teresse rythme la vie villageoise
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BRAIVES - La famille du Fontbaré gère le château de Fumal un peu à la manière de conservateurs de musée s , chargés de maintenir en état un patrimoine exceptionnel.
Son clocher au bulbe caractéristique domine le village. La cloche tinte toutes les demi-heures et aux heures piles, rythmant ainsi la vie de Fumal... Mais depuis les gros orages de la semaine dernière, la flèche qui culmine à 36 m penche dangereusement. Il faudra faire appel à un ardoisier spécialisé...
Dans la pelouse au pied de la grande tour, c'est un superbe érable datant de 1750 (recensé comme un des plus beaux du pays) qui a été amputé d'une grosse branche avec la tempête. Il rejoint ainsi le club des autres arbres infirmes : chênes, platanes, hêtres. « Mais ce sont des arbres classés ou remarquables. On ne peut pas intervenir sur eux comme on veut... » Consciencieusement, Jean du Fontbaré et son fils François-Hubert passent en revue l'état du château et du parc après les derniers gros orages : toitures, fenêtres, corniches, tours, parc... Jean du Fontbaré (89 ans) habite encore au château avec son épouse Joséphine-Marie de Giey. Mais par donation, c'est François-Hubert, qui en est déjà propriétaire. Autant le père, son épouse que le fils sont soucieux de maintenir en état ce patrimoine. Le père d'abord puis maintenant le fils ont hérité de ce bien mais pas avec l'esprit du propriétaire orgueilleux d'avoir son château, son parc... « C'est plutôt dans l'esprit du conservateur qui doit maintenir en état le domaine en attendant de le passer au suivant, explique François-Hubert. Le château est dans la famille depuis 10 générations. On ne veut pas être celui qui va fossoyer l'endroit... » Les épouses jouent également un grand rôle dans l'entretien intérieur du château. « Si les épouses n'acceptaient pas de participer à cette "aventure", ce serait beaucoup plus difficile ». Pas toujours simple en effet d'entretenir un tel bâtiment et une telle propriété. « D'autant que le site du château, de la ferme et de l'église est classé, note Jean du Fontbaré. Mais le château en tant que bâtiment ne l'est pas. Ça signifie qu'on a tous les inconvénients du classement sans en avoir les avantages ». Pas question donc pour les propriétaires de toucher à l'enveloppe du site comme ils l'entendent et pas d'espoir non plus de percevoir des subsides qui soulageraient la restauration.
Il est bien loin le temps où les Seigneurs de Fumal régnaient en maître sur la région et avaient à leur disposition tout le personnel souhaité. « Du temps de mon arrière-grand-père, entre les deux guerres, il y avait de 7 à 8 personnes qui travaillaient comme domestiques au château, se souvient Jean. Sans compter la ferme du château qui était exploitée. À cette époque-là, les revenus de location d'une terre d'un hectare permettaient de payer un homme pendant 1 mois ». Aujourd'hui, c'est le châtelain qui est lui-même devenu fermier pour exploiter ses propres terres.