La principale banque prêteuse de Veolia a constaté le 9 novembre dernier que l'admission définitive de la station de Bruxelles-nord (c'est-à-dire sa réception officielle tous travaux de construction terminés) par la SBGE ne pourra plus être prononcée avant le 31 décembre prochain.

Et ce en raison des retards accumulés dans la construction de la station, menaçant dès lors d'un blocage des emprunts et d'un remboursement, selon des pièces du dossier auxquelles a pu avoir accès l'Agence Belga.

Ces retards avaient déjà été constatés par la Cour des comptes dans un rapport d'un audit mené fin 2008. La SBGE avait elle-même relevé au printemps dernier que sur les 701 remarques formulées au moment de l'admission provisoire de la station, 569 n'étaient pas encore réglées. 

OTV, filiale de Veolia chargée de la construction de la station Aquiris, s'était pourtant engagée à l'été 2008 à apporter les modifications nécessaires, alors que les différentes parties s'étaient mises d'accord pour lancer le travail de la station avant terme afin d'éviter de polluer plus avant les cours d'eau.

Ces éléments, s'ils devaient se confirmer, apporteraient du poids à la version de la ministre bruxelloise de l'Environnement Evelyne Huytebroeck, qui affirme que Veolia, en bloquant la station pendant plusieurs jours, a tenté le bras de fer avec la Région pour faire payer par les pouvoirs publics des investissements qu'elle n'a pas consentis elle-même alors qu'elle le devait.

Selon un proche du dossier, Aquiris est actuellement toujours incapable de remplir sa mission et se trouve contrainte d'expédier des camions de boues non traitées en Allemagne, entraînant un surcoût de quelque 450.000 euros par mois.

Plus tôt dans la journée, le cabinet de la ministre de l'Environnement Evelyne Huytebroeck avait estimé qu'Aquiris était dans une situation financière proche de la faillite, ce à quoi Veolia, maison-mère d'Aquiris, a répliqué qu'elle assurerait ses obligations financières. 

Le patron de Veolia était reçu ce mercredi à partir de 17 heures par le ministre-président bruxellois Charles Picqué et Mme Huytebroeck.