Une ville est vivante. Elle se nourrit, elle grandit, elle se développe. En ouverture des midis de l'aménagement, hier, au Palais des Confrès de Namur, Pierre Vanderstraeten, architecte, urbaniste et sociologue, a rappelé comment Namur doit imaginer son avenir. Dans le respect de ses gabarits, qu'il s'agisse de bâti, de déplacement ou d'urbanisme.

1. Namur en marchant À l'instar de certaines « éco-villes » comme Fribourg, un bel idéal est celui du piéton, dit Pierre Vanderstraeten . Qui évoque l'absence souhaitée de toute dépendance à la voiture.

2. Namur en se penchant On parle ici plafond de ville. Pourquoi limiter les hauteurs des construction, puisqu'il s'agit de cela ? Parce que, dit Pierre Vanderstraeten, une ville se vit idéalement dès lors que les contacts sociaux se vivent à chaque étage. Concrètement, la ville parfaite est celle où, depuis son balcon, l'on peut dialoguer avec le passant qui passe sur le trottoir.

Comment cela se traduit-il ? Par des gabarits limités. Soit des constructions raisonnables, avec un rez+4+toiture. On pense ici comment certains projets comme ceux d'Aténor sur le Port du Bon Dieu, avec des immeubles-tours plus ambitieux, ne rentrent pas dans cette dynamique idéale.

3.Namur en réinvestissant dans son centre C'est l'expert qui le dit : la Belgique a le record du monde de capacité de citoyens à l'hectare. Il insiste : il s'agit de jouer la carte de la rénovation, du réinvestissement dans certains immeubles. Le slogan est celui du « retour en ville » : pourquoi construire de nouveaux lotissements dès lors que des habitations restent vides en ville ?

Et Pierre Vanderstraeten de rappeler comment certaines collaborations entre communes et agence immobilière sociale peuvent aider au « repeuplement » des centres urbains, les AIS s'occupant de gérer les logements pour les propriétaires privés.

Sur Namur, rappelle l'échevin Arnaud Gavroy, la remobilisation du centre est en route. Depuis trois ans, 30 permis ont été délivrés concernant des réhabilitations dans la corbeille, chacun obligeant à une réoccupation des étages.

Namur a d'ailleurs beaucoup travaillé sur le sujet, avec procédure en cours, initiée au cours de l'été 2008. L'échevinat des Finances et du Commerce a relancé la taxation des dessus de commerces inoccupés avec pour objectif avoué la création de logements nouveaux, tandis que l'échevinat du Logement et le CPAS ont enclenché la procédure de réquisition douce.« Il ne s'agit pas de réquisitionner les logements, précisait alors le centre public d'action sociale, mais de pousser les propriétaires à remettre leur logement dans le circuit locatif. Il s'agit d'une optique préventive. » Les propriétaires concernés ont reçu un courrier recommandé. Il leur est rappelé qu'ils ont été invités à payer la taxe sur les immeubles inoccupés. Oui, le centre de Namur se repense.