LA BRUYÈRE - Serge n'a pas le profil type du voleur de voitures. Mais ce qui dans sa physionomie frappe surtout le tribunal, c'est la différence visible en quelques mois. Il avait déjà comparu en correctionnelle début d'année : «À ce moment-là il était ravagé par l'alcool » rappelle le substitut Hugues Marchal. « Au moment de son arrestation, il ne savait plus ni lire ni écrire » renchérit son avocat.
Depuis, Serge est sevré, et retrouve ses facultés. Il ne cherche pas à expliquer ce qui dans son comportement était tout simplement inexplicable et qui l'amène à nouveau sur le banc des prévenus. Ainsi : « parce que j'étais à pieds » répond-il simplement quand on lui demande pourquoi il a volé une voiture à Rhisnes . Il était à pieds, et pour cause, puisqu'il venait d'incendier l'auto qui l'avait amené jusque-là. Celle-là appartenait à sa soeur, à qui il venait de la voler dans son garage : «pour faire une blague .» Et dans ledit garage, il avait allumé un feu : « parce que j'avais froid ». Sauf qu'en partant il a laissé brûler et que le garage a été ravagé par les flammes.
Les faits parlent d'eux-mêmes. Il était complètement déboussolé, abruti par l'alcool. Aujourd'hui, bien soigné, il retrouve ses esprits. Lors de sa première comparution, toute récente, le tribunal lui avait accordé un sursis probatoire, lié notamment à son problème d'alcool et à une thérapie à poursuivre à ce propos. Pareilles conditions ont gardé toute leur pertinence. C'est l'avis tant du parquet que de la défense. Jugement le 10 mai.S.Si