Une carrure large et des épaules solides. Physiquement, Christophe Sevenants a celles du sportif passionné qu'il est, fan de tennis en particulier. Politiquement aussi, l'échevin tout frais nommé, assume en costaud, dégageant une force tranquille. Pourtant, on peut dire que sa carrière a démarré sur des chapeaux de roue.

Il a prêté serment il y a quinze jours tout juste. Soit en pleine préparation du budget communal, dont il a repris les rennes puisqu'il succède à la précédente échevine des finances, Natalie Marichal. A priori, rien d'alarmant. Il ne débarque pas dans la matière et les finances à Jemeppe ne vont pas trop mal, loin de là. Mais évidemment, l'incendie qui a détruit le centre culturel Gabrielle Bernard à Moustier samedi dernier a méchamment changé la donne : « Lundi, c'était le deuxième collège de ma carrière auquel j'ai participé, et où il fallu se reposer toutes les questions suite à cette catastrophe. » La volonté du bourgmestre et de ses échevins de prévoir d'ores et déjà une somme substantielle pour la future reconstruction de la salle a nécessité qu'on revoie la copie budgétaire 2010 dans les grandes largeurs. Mais Christophe Sevenants n'a pas l'air d'être du genre à paniquer. Il est on ne peut plus serein : « Ça demande un gros travail, de nombreuses réunions, mais je suis bien entouré. Et dans un cas comme ça, Joseph Daussogne est très impressionnant. il gère à merveille. C'est une chance d'avoir autour de soi des gens d'expérience. »

2006 : les débuts, la surprise

À 35 ans, Christophe Sevenants est encore plus benjamin que la benjamine du collège qu'était Natalie Marichal. Les communales de 2006 ont été sa première expérience. Il n'en attendait pas tant : « Mon résultat fut une surprise pour moi au premier chef. Je ne m'attendais pas à entrer en ligne de compte pour une place d'échevin directement. Je n'étais entré dans la politique qu'en 2000 suite à une sollicitation du président de l'Union Socialiste Communale de Jemeppe. » Pour ce natif d'Andenne, cela semblait aller de soi. Sans en faire, une priorité, une vocation, il a toujours senti en lui une envie de s'investir : « J'ai toujours été intéressé par la politique et j'ai la chance d'avoir rencontré ici des personnes comme Philippe Carlier ou d'autres, qui m'ont donné l'envie. » C'est venu naturellement, quand il s'est installé dans la région d'origine de son épouse, auvelaisienne. Instituteur primaire depuis 14 ans à l'athénée Baudouin 1e, il se sent bien à Jemeppe : « Un jour lors d'une marche parrainée avec ms élèves je leur ai dit : si je pouvais, je vivrais ici. Je leur montrais un terrain qui, quelque temps plus tard a été en vente. Et aujourd'hui, nous y avons notre maison.Nous y sommes bien, avec nos deux enfants et j'ai envie de faire ce que je peux pour partager ce bien-être. Jemeppe est une commune où il fait bon vivre et si je peux apporter ma pierre à l'édifice, je veux le faire. » Le discours est simple, franc, sans ambition démesurée, mais sans fausse modestie non plus. À l'image de ce qu'on perçoit du personnage : « Pour l'avenir, je ne fais pas de projet, je n'ai pas d'ambition prématurée, répond-il quand on le questionne sur son potentiel politique. 2012 c'est encore loin mais à l'heure actuelle mon intention est clairement d'être toujours là. » La commune semble avoir tout à y gagner.