Bi en que pâle et froid, un nouveau jour s'est levé, ce vendredi matin, sur l'ancienne propriété de feu André Winson, industriel à Fosses. Hier jeudi en effet, l'acte de vente du « château, de ses dépendances et de son parc » a été signé à Namur, entre les héritiers d'André Winson et le Comité d'acquisition d'immeubles, qui fait office de notaire de la fonction publique. La présence du bourgmestre ou d'un échevin n'était pas requise.

Le représentant fossois du comité d'acquisition, M. Toussaint, a soumis aux héritiers, Philippe et Jacques De Vos, un acte de vente dont le projet avait été approuvé le mois dernier par le conseil communal. Et à l'unanimité.

Mine de rien, c'est un événement à Fosses-la-Ville, commune d'un peu moins de 10 000 habitants, où un achat de cette envergure n'a plus été réalisé depuis très longtemps. À Fosses, on n'a d'ailleurs pas souvenir d'un tel achat, qui se monte à 800 000 €. Il n'y en a même peut-être jamais eu !

Au printemps dernier, dès l'instant où le collège a réfléchi à l'opportunité de cet achat à haute valeur patrimoniale, et à sa faisabilité financière, les amoureux de la ville se sont pris à rêver et à reconfigurer la cité avec passion. Et à plus forte raison que le site en question est non seulement empreint de charme et de prestige mais qu'il concerne trois hectares de verdure et de belles pierres en plein coeur de ville. Le collège ne pouvait pas espérer plus belle opportunité de tracer, d'un coup, de nouvelles perspectives d'aménagement, toutes prometteuses de confort et de modernité. Certains citoyens dit-on auraient même accepté de payer plus d'impôts pour que la commune ne rate pas cet achat unique.

L'échevin des Travaux Gérard Sarto ne fut pas le moindre des mandataires enthousiastes. C'est à lui que la Ville doit les négociations avec les héritiers, le montage du dossier et le calcul des subsides susceptibles d'alléger la facture communale. Il a également refroidi les investisseurs privés lorgnant le site avec appétit, en les avertissant que la commune ne permettrait pas d'y faire n'importe quoi. Pas fou le collège. Sitôt la décision prise d'acquérir ce bien d'exception, il a introduit une demande de plan communal d'aménagement, sorte de périmètre de protection pour empêcher la valorisation des terrains à bâtir en bordure de route. Concrètement, contre de généreux subsides, 60-65 ares de terrain à bâtir seront reconvertis en zone verte.

Un comité d'accompagnement, constitué de représentants de chaque parti et de personnes expertes en leur domaine (architecte et historien), a aussi été mis en place.

Depuis quelques mois, les visites se sont succédé au « château ». Le collège y a emmené avec fierté, au printemps, le gouverneur de la Province et, en septembre, la ministre Éliane Tillieux. L'événement, on l'a dit, réside dans le fait que Fosses-la-Ville réalise là, à son niveau, l'achat du siècle. À terme, les services administratifs, à l'étroit dans l'actuel hôtel de ville, déménageront dans l'ancien hospice. Plus tard encore, les Fossois viendront applaudir des spectacles dans la grange.

Même s'il est neigeux et livide, c'est bien un nouveau jour qui s'est levé, ce vendredi, sur le château de feu André Winson.