Se faire piquer sa petite amie, ce n'est jamais agréable mais ce sont des choses qui arrivent. En septembre 2008, un adolescent de Jambes a mal vécu cette expérience. Au point de mobiliser une bande de copains pour aller casser la figure du nouvel amoureux de son ex. La bande s'est rassemblée devant l'Athénée de Namur à l'heure de la sortie des classes. Sentant l'oignon, la victime programmée a tourné sur ses talons et s'est réfugiée chez le préfet. Celui-ci a prévenu la police de ce qu'un groupe de bagarreurs attendait un de ses élèves pour lui faire sa fête. Deux policiers, un homme et une femme, sont arrivés à son bord d'un combi pour disperser les belligérants. Mais cela ne s'est pas passé sans mal. Faute de se battre avec la victime prévue, les jeunes gens s'en sont pris à la police.
Venu en spectateurAujourd'hui, deux garçons doivent répondre devant le tribunal correctionnel de Namur de faits d'outrage, de rébellion et de coups et blessures. Seul Olivier, un Namurois né en 1989, a fait le déplacement ; son copain ne s'est pas présenté à l'audience. On n'a pas beaucoup entendu la voix d'Olivier à la barre, le jeune homme répondant par monosyllabes aux questions de la présidente Matagne.
Son avocat, Me Steinier, a été plus loquace : « Mon client, en décrochage scolaire, était venu comme on va au spectacle ; il ne voulait pas se battre. Lorsque la police est intervenue, ce n'est pas lui qui a lancé des insultes. Il n'avait rien à se reprocher, mais il a été interpellé. Quand on lui a passé les menottes, il s'est dégagé par réflexe et c'est là qu'il a blessé le policier. » Les préventions de rébellion et de coups et blessures ne sont pas contestées, celle d'outrage bien. Me Steinier demande une suspension probatoire du prononcé de la condamnation. Condition proposée : qu'Olivier poursuive la formation entreprise.
Peine de travail ?Les deux policiers et leur employeur, la Ville de Namur, se sont constitués partie civile. Leur avocat, Me Hiernaux réclame 1 € symbolique de dommage moral pour la Ville de Namur. I l demande aussi 500 € de dommages pour la policière et 500 € plus une expertise médicale pour le policier, qui traîne toujours des séquelles de l'aventure. « Ce qui est dérangeant dans cette histoire, dit l'avocat, c'est le comportement social des prévenus, qui trouvent normal d'aller casser la gueule d'un élève à la sortie de l'école et qui trouvent tout aussi normal de s'en prendre aux policiers, qui sont quand même la représentation de l'autorité. » Dans le fauteuil du ministère public, Julie Trokay requiert 10 mois de prison pour le prévenu défaillant et une peine de travail de 75 h pour Olivier. Le tribunal rendra son jugement le 14 janvier.A. Deb.