1 Le contexte. La communication officielle est attendue avant Noël, début de semaine prochaine. Sans doute lors de la réunion du gouvernement wallon mardi 22 décembre. Le ministre wallon de l'Aménagement du Territoire, Philippe Henry (Écolo), doit se prononcer sur le dossier des prisons. Il doit dire si oui ou non il autorise l'installation de nouveaux établissements pénitentiaires, dans le cadre du plan du Fédéral, à Marche-en-Famenne, Leuze-en-Hainaut et Sambreville. Chacun des sites proposés est situé en zone agricole, donc nécessite une dérogation au plan de secteur, ce qui relève de la compétence du ministre Écolo.
Dans le dossier sambrevillois, dont on sait tous les remous et la vive opposition qu'il génère, une solution alternative de dernière minute pourrait éviter l'implantation à Velaine. Celle-là qui fait tant débat.
2 Saint-Gobain, la nouvelle piste. Une étude menée par les services du ministre, envisageant toutes les possibilités sur Sambreville sans exclusive, a pointé un terrain appartenant à la société Saint-Gobain, à Auvelais, en face de l'usine, rue des Glaces Nationales. Ce terrain même qui fait l'objet d'un projet de zoning économique axé sur letransport par voie d'eau (puisqu'en bord de Sambre). Ce dossier-là est mené par la Port Autonome de Namur. Dans un premier temps, s'y est installée (avec travaux en cours) la société Sita Remédiation, avec une unité de traitement de terres polluées. À terme, l'idée est d'y développer de l'activité économique sur 18 des 32 hectares du site. Mais voilà maintenant qu'il est envisagé comme une nouvelle piste (une de plus !) pour installer la prison.
3 Une piste sérieuse ? D'après nos informations, elle est en tout cas très clairement discutée en priorité. Cela nous a été confirmé par le ministre Écolo, actuellement au sommet de Copenhague. Des sources proches du Port Autonome et du cabinet le disent aussi.
4 Une piste parmi d'autres ? Peut-être, mais en tout cas elle tient la corde : une réunion entre le cabinet de Philippe Henry, le Port Autonome, la direction de Saint-Gobain, (officiellement, la commune de Sambreville n'y sera pas associée) doit se tenir lundi pour trouver un accord. Si possible. Avec plusieurs difficultés à résoudre. D'abord de savoir comment faire cohabiter les deux projets, la prison et le zoning, sachant que ce dernier dossier fait l'objet de subsides européens. Il ne peut donc être supprimé d'un claquement de doigts. Et ensuite de régler le problème de pollution (plus que) supposée, du sous-sol. Les 32 hectares en question sont en fait les anciens bassins de décantation de Saint-Gobain. Une partie est en zone verte. Pour installer une prison, une dépollution serait nécessaire et dans le cas où on « rognerait » sur la zone d'espace vert, il faudrait une compensation.
Bref, tout est loin d'être résolu. Mais, d'après nos informations, la volonté est réelle de trouver, sur Sambreville, un site qui ne soit pas aussi compliqué que Velaine. Et il n'y a pas cinquante possibilités pour construire une enceinte de 9 hectares près des axes de communications. Réponse mardi, sans doute.