Coene invente un châssis passif
Ça bouge, sur le zoning de Mariembourg ! C'est au tour de la menuiserie Coene d'innover, et d'une façon pour le moins spectaculaire, en faisant breveter un nouveau type de châssis passif !
Ce produit censé nous garder bien au chaud porte le nom logique d'Hermine...
André et Alain Coene n'en restent pas moins humbles, presque gênés, même, d'en détailler les spécificités : un profilé en bois pour le moins épais, un isolant P.U.R. fixé à l'extérieur afin de ne pas fragiliser le bois, trois carreaux collés comme des pare-brise de voiture et un capot alu extérieur, sans ouvrant.
Des châssis semblables existent, mais leur conception est différente et ne réunit pas tous ces éléments en un seul.
« Cela fait trente ans que nous travaillons dans les châssis et, à force, nous en avons repéré les faiblesses. Étant sensibilisés par la protection de l'environnement et l'amélioration de l'isolation, nous avons conçu un châssis qui nous semblait répondre aux problèmes que nous avons observé. Nous avons soumis cela à un bureau d'études, qui l'a dessiné sur programmes informatiques ». L'idée est tellement innovante qu'elle a été brevetée. Désormais, Coene en possède donc l'exclusive production.
« On aurait pu se contenter de vendre notre brevet, mais notre volonté était aussi d'en faire profiter la région, par l'emploi » .
Un sacré capL'entreprise, par cette innovation, se lance dans une nouvelle aventure, avec de gros investissements à la clé. Le Bureau économique l'a aidée à concevoir un plan stratégique en place : « Nous travaillerons en trois phases, nous expliquent les Coene. La première année, il est prévu l'achat d'une machine d'occasion, pour un demi-million d'euros. La deuxième année, si on voit que les commandes arrivent, nous investirons dans l'augmentation de l'espace atelier et dans l'achat d'une nouvelle machine, pour un million. La troisième année, nous achèterons une cabine de peinture et du matériel, pour 0,75 million d'euros. » Si les commandes affluent et si ces investissements sont réalisés, des emplois seront créés et l'espace dédié à la production sera pratiquement doublé ! Un fameux pas, huit ans seulement après celui de la construction du siège sur le zoning.
« C'est moins risqué que l'investissement de 2001, nous expliquent-ils. Ici, nous avancerons au fur et à mesure. À l'époque, le risque était bien plus grand ». L'idée, ici, est d'avancer pas à pas, en observant les ventes : « Nous ne faisons pas beaucoup de publicité. Récemment, lors d'un salon, nous avons remarqué qu'il y avait un intérêt pour notre produit. En France aussi, on s'y intéresse. Mais le pire serait d'être de suite noyé de commandes que nous ne pouvons pas honorer ».