Mais qu'était venu faire dans cette galère, Fabrice Durand ? L'homme est traiteur de son état, à Dinan, la Bretonne. Mais voilà, c'est un bon vivant et on le sait. Du moins Marc Navet qui le présentait à ses confrères de la confrérie des quarteniers de la flamiche le savait aussi. Et pas mal d'autres choses encore. Et par des sources dignes de foi. La confrérie des quarteniers de la flamiche organisait, samedi, son 152e chapitre, dit d'hiver, à l'hôtel de ville. L'accueil de Fabrice Durand valait toutes les pages d'anthologie humoristique. Et le Copère qui le présentait ne s'est pas gêné d'astiquer l'ami français, ce qui a valu de nombreux rires dans le public et des applaudissement nourris à son auteur.

Un autre confrère qui aime aussi chambrer les nouveaux intronisés, c'est l'échanson Perot. À Vincent Cambier, substitut du Procureur du Roi à Neufchâteau, ancien substitut dinantais, demeuré Waulsortois, il dit avant de l'inviter à goûter le Savigny de circonstance : « Le vin a la vertu de faire parler librement et franchement et de faire dire la vérité. Si l'un de vos condamnés pour boisson venait à mourir, sachez que l'incinérer lui offrirait la dernière... cuite. Si vous l'enterrez, il aura toujours un... ver dans le nez et en plus, il l'aura à l'oeil. » Outre ces deux nouveaux quarteniers d'honneur, on ajoutera à la promotion, Pierre-Achille Charlier, directeur des travaux à Dinant ; Patrick Choquet, épistolier de la confrérie voisine du Crochon ; Michael Philippot, greffier au palais de Justice de Dinant et, pour la bonne bouche, le secrétaire d'État Jean-Marc Delizée accueilli par le Grand Maître M. Warnant. Le confrère Perot lui a susurré : « La vigne et le monde politique ont ceci de différent, c'est que la vigne, c'est après les vendanges que le vin promet beaucoup. En politique, c'est avant les élections. Mais je reconnais que certains tiennent leurs promesses... » En lui remettant le gorgerin, Richard Fournaux, Grand Bailli de Monseigneur le Roy a vu en lui le représentant du PS, il en a profité pour rendre un hommage particulier à la mémoire de Richard Bonzi, récemment décédé. Un grand monsieur en politique.

Promotions bourguignonnes

Côté promotions, il y en a eu aussi au cours de ce chapitre qui n'a pas, hélas, attiré la foule. Les trois promus viennent de Savigny, il y avait parmi eux, deux « hurleurs » de la confrérie de Bourgogne, vignerons ou anciens vignerons : Jean-Marie Capron, Jean-Marc Genot et Éric Bornert promus au grade de Grands Officiers. À Éric Bornert, M. Perot confia : « Connaissez-vous la définition du crache-test ? C'est une dégustation de vin effectuée à des fins de sécurité . »

Conseil avant de laisser partir le promu : « Il vaut mieux boire trop de bons vins qu'un peu de mauvais... » Tout chapitre se terminant par une disnée, on dira pour les statistiques qu'on a servi pour les 560 convives parmi lesquels le chef du protocole du Palais, M. De Ghellinck, 150 flamiches et 370 flacons de Savigny 1er cru élaboré par Jean-Jacques Girard.