«Le t
ype d'agriculture proposé par la famille Godfroid n'est absolument pas en phase avec la biodiversité d'aujourd'hui et l'environnement qui est le nôtre. » Micheline et Alfred Gauche sont les porte-parole d'une vingtaine d'habitants du hameau de Cocrou, où le projet des Godfroid prévoit la construction de deux hangars supplémentaires, de deux silos, et le passage de 120 à 350 bovins.
Après une première enquête publique négative, un nouveau projet a atterri sur la table et l'enquête publique se termine ce lundi 21 décembre.
« Nous ne sommes pas contre l'extension d'une ferme familiale mais à partir du moment où l'on développe quelque chose, il est à nos yeux indispensable de le faire en harmonie avec ce qui existe et en concertation avec le voisinage. » La situation actuelle est complètement bloquée. Il n'y a aucun dialogue entre les riverains et la famille Godfroid et donc aucune alternative n'est concrètement envisagée.
« De plus, la commune ne joue pas son rôle de médiateur. Il y a un réel manque de coopération positive de la part des autorités communales vis-à-vis des riverains. Nous ne sommes pas écoutés et notre avis leur importe peu », regrettent Micheline et Alfred Gauche .
Une rencontre entre les riverains, leur avocat et le bourgmestre avait eu lieu au moment de la première enquête publique. Alain Clabots, bourgmestre avait demandé aux riverains de faire une proposition : « Avec une vingtaine de personnes, nous avons marqué notre accord sur la réalisation du projet tel que proposé par les Godfroid pour autant qu'il y ait un recul de cinquante mètres pour l'implantation des silos et des hangars. » Actuellement, le projet prévoit un recul de... douze mètres, avec inclue dans cette distance une zone tampon plantée d'arbres et de feuillus.
« Certains évoquent le fait qu'il est impossible de placer le bâtiment avec un tel recul à cause de la rivière, des sources etc. Avec la méthode de stabulation sur paille, il n'y a aucun rejet et donc pas de pollution même si cela représente effectivement un coût. » Concernant le trafic, les interrogations restent de mise même lorsque la famille Godfroid évoque moins de passages. Mais « quand la capacité est triplée, expliquez-nous comment diminuer les nuisances ? ajoutent Micheline et Alfred Gauche. Qu'on nous dise comment le trafic sera diminué ! Seule la suppression du silo rue de Bettinval va effectivement réduire le trafic sur cet axe. Mais à l'intérieur même de l'exploitation, c'est-à-dire juste derrière nos jardins, le va-et-vient risque d'être infernal. » Les riverains soulignent qu'ils ne sont pas opposés à tout projet d'extension. Ils se disent de bonne volonté, attendent un dialogue et ne désespèrent pas de pouvoir enfin avoir un échange d'idées avec les fermiers.