Si les médias ont été tenus à l'écart de sa villa, Berlusconi a par contre salué les cameramen et photographes massés devant l'hôpital.
(photo Reuters)
Berlusconi a prolongé son séjour en raison de douleurs persistantes au visage et de vieux problèmes aux cervicales réactivés par l'agression subie dimanche.
Le chef du gouvernement italien est sorti de l'hôpital San Raffaele en fin de matinée. Vers 11h50, son cortège est passé à une vitesse d'escargot devant la cinquantaine de journalistes massés à l'entrée de l'institut. Il n'a pas ouvert la vitre teintée de sa voiture mais a salué les photographes et caméramans de la main. Berlusconi, 73 ans, avait une grosse compresse lui couvrant le nez, la lèvre supérieure et la partie gauche du visage.
Médias tenus à l'écart
Des curieux étaient rassemblés aux grilles d'entrée, à moins de 100 mètres du bâtiment d'où est partie sa voiture, tous phares allumés mais sans sirènes.
"Bon retour à la maison", clame une banderole placée sur la haie proche de l'entrée de sa villa située à une quinzaine de kilomètres de Milan et dont les voies d'accès sont surveillées étroitement par la police. Photographes et troupes de télévision, déjà sur place, ont été maintenus à plusieurs centaines de mètres de distance.
"Volcan en éruption dès le matin"
Pour rappel, Berlusconi avait eu le nez fracturé, deux dents cassés et la lèvre ouverte après avoir été atteint en pleine figure dimanche à la fin d'un meeting politique par une réplique miniature de la cathédrale de Milan. Selon son médecin personnel Alberto Zangrillo, il doit se reposer et éviter "tous les engagements à caractère public" pendant 10 à 15 jours. Mais son porte-parole, Paolo Bonaiuti, qui le qualifie de "volcan en éruption dès le matin" et de "travailleur né", dit qu'il sera difficile de l'empêcher de se remettre à ses dossiers.
De son côté, son agresseur a été inculpé et emprisonné pour "lésions aggravées avec préméditation". Ses avocats ont demandé, en vain, son internement en hôpital psychiatrique.
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Il réclame un climat politique apaisé
Peu après sa sortie de l'hôpital milanais, Silvio Berlusconi a envoyé une déclaration aux médias. "Il me restera deux choses de ces journées, la haine de quelques-uns, l'amour de tant et tant d'Italiens", a déclaré le chef du gouvernement italien, en demandant que "s'ouvre une nouvelle ère de dialogue". "Si de ce qui s'est passé dérive une plus grande conscience de la nécessité d'un langage plus modéré, plus honnête dans la politique italienne, alors cette douleur n'aura pas été inutile". A l'adresse de ses partisans comme de ses opposants, il s'est dit "décidé à aller de l'avant avec encore plus de force et de détermination qu'avant sur la voie de la liberté", et à "poursuivre les réformes que les Italiens nous demandent". "Nous le devons à notre peuple, nous le devons à notre démocratie dans laquelle ne peuvent prévaloir ni la violence des pierres, ni, pire encore, la violence des mots". Le Cavaliere s'est réjoui d'avoir reçu la visite à l'hôpital San Raffaele de dirigeants de l'opposition de gauche dont son chef Pier Luigi Bersani. Il a souhaité que tous ses adversaires "sachent vraiment prendre leurs distances de manière honnête de quelques incitateurs à la violence". |
Avec AFP