Excellente initiative que celle imaginée par la commune de Cerfontaine et plus particulièrement par l'échevin Frédéric Hardy ayant entre autres à charge les travaux, l'environnement, l'urbanisme et les cimetières.

Cimetières Les cimetières justement qui, dans l'entité de Cerfontaine comme dans la plupart des autres communes, sont des endroits de recueillement entourés de hauts murs. Des murs qui ne datent pas d'hier et souvent souffrent de lézardes et de biens d'autres maux plus ou moins importants.

D'où l'idée d'entreprendre des rénovations, ce qui n'est pas un luxe, ne serait-ce que pour la sécurité des nombreuses personnes qui fréquentent les cimetières.

Chaux

La commune de Cerfontaine ayant toujours eu en vue de sortir les deniers à bon escient, il a été demandé à l'échevin Hardy de faire en sorte que ces rénovations ne soient pas trop coûteuses et surtout pas des emplâtres sur une jambe de bois.

En un mot comme en cent, il faut rénover de façon que cela puisse tenir des lustres et des lustres.

Message bien enregistré par Frédéric Hardy, renseignements pris, a bien vite compris que la technique habituelle de maçonnerie au ciment ne correspondait pas du tout à ce genre de travail.

S'adressant à l'Institut du Patrimoine wallon et plus spécifiquement au centre de perfectionnement aux métiers du patrimoine de la Paix-Dieu à Amay, il lui a été confirmé que la technique de la chaux utilisée à l'origine pour construire ces murs anciens et celle du ciment comme utilisée dans les constructions actuelles sont tout à fait incompatibles.

Il fallait donc oublier le ciment et opter pour la chaux pour réparer ce qui était à réparer et reconstruire ce qui était complètement démoli.

Paix-Dieu

Fallait-il encore être capable d'appliquer cette méthode ancestrale ? Les maçons cerfontainois du service des travaux avaient jusqu'ici utilisé le ciment comme tout un chacun quand l'échevin leur a précisé la chose.

Et c'est bien volontiers que deux d'entre eux, Jacques Robert et Philippe Jardin, ont pris la direction du centre de perfectionnement d'Amay pour enrichir leurs connaissances tant théoriques que pratiques sur l'utilisation de la chaux en maçonnerie.

Une formation qui allait se poursuivre sur le terrain cerfontainois avec application directe du nouveau savoir-faire sur les hauts murs du cimetière de Daussois et ce en compagnie d'autres élèves trop heureux, eux aussi, de trouver un champ d'application.

Les élèves s'en sont retournés à leurs chères études. Quant à nos deux valeureux maçons du service des travaux de Cerfontaine, ils ont pris la truelle pour s'attaquer aux hectomètres de murs des cimetières comme d'autres bâtiments du patrimoine cerfontainois.

Ils ont du pain sur la planche mais ils savent que lorsqu'ils auront terminé, ce n'est pas de sitôt qu'on replacera les échafaudages et que de toute façon ce ne sera plus à eux qu'on fera appel. Car ce travail à la chaux, c'est une garantie de 70 ou 80 ans. Et d'ici là...