Vendredi, vers 19 h, un incident est survenu au passage du bus à Moignelée. Deux jeunes gens sur un cyclomoteur auraient poursuivi le bus, shootant dans la carrosserie au passage, puis exhibant un peu plus loin une arme de poing (factice ou non) au chauffeur. Il s'est naturellement senti menacé.
Suite à cela, les représentants syndicaux des conducteurs du dépôt des TEC à Onoz font part de leur ras-le-bol : « C'est la cinquième agression dans le même quartier depuis la rentrée scolaire, dit Bruno Collin, délégué CGSP. Le sentiment d'insécurité se fait de plus en plus présent. Nous n'avons pas voulu mener d'action d'arrêt de travail pour ne pas pénaliser les usagers en période d'examens de Noël pour les étudiants, mais le malaise est réel. En septembre, il y a eu des jets des pierres sur les bus. Suite à cela, la présence des contrôleurs s'est renforcée.Mais à peine ont-ils été un peu moins présents depuis début décembre, que ça reprend. » D'après le syndicat, le problème serait assez ciblé géographiquement sur l'entité de Moignelée desservie par les lignes 147a et 58, et se poserait le soir, pas en journée. La CGSP de s'en émouvoir : « J'ai demandé, que se tienne une réunion du conseil de sécurité à ce propos » explique Yohan Lambert, permanent syndical. L'instance, présidée par Josly Piette, est compétente pour prendre en considération ce genre de questions. Problème : « Elle ne peut intervenir que s'il y a agression avec coups » dit Yohan Lambert. Ce ne s'est pas le cas à Moignelée jusqu'ici. Du coup, pour que le conseil de sécurité se réunisse à ce propos, il faut que la demande soit pluraliste. En l'occurrence, que la direction des TEC en formule aussi le souhait. Le point était abordé en conseil d'entreprise hier après-midi, à la demande de la CGSP. À l'heure d'écrire ces lignes, nous n'en avions pas encore eu d'écho.
En tout état de cause, une réunion s'est déjà tenue la semaine dernière, vendredi (soit avant le dernier incident), entre la commune de Sambreville, la zone de police Samsom, la direction des TEC et les représentants syndicaux.
« Le fait d'une mauvaise réputation issue du passé »Au niveau de la Commune, sans minimiser, on relativise tant la gravité que la fréquence du phénomène : « Par rapport aux éléments statistiques que nous avons, sur base des fiches d'ambiance rendue par les chauffeurs à la fin de leur tournée, on ne peut pas dire qu'il y ait une difficulté particulière à Moignelée, analyse Philippe Hanck, chef de cabinet du collège communal. Ce qu'il y a, c'est que Moignelée fait les frais d'une mauvaise réputation qu'elle traîne depuis plusieurs années. suite à une époque précise difficile. » Une sorte de délit de sale gueule où chaque incident, fût-il mineur, serait remis en perspective avec ce contexte, mais donc perçu comme plus inquiétant du fait d'un passé d'insécurité pourtant bien révolu. La Commune de Sambreville d'insister donc : « Toutes les mesures ont été prises pour assurer la sécurité en renforçant la présence nécessaire du service de contrôle des TEC et au niveau de notre police. Par contre, nous nous sommes dits qu'il fallait faire un effort de communication vis-à-vis des chauffeurs, qui n'ont peut-être pas été mis au courant de ce qui était fait. »