Après « Mourir d'aimer », revoici Muriel Robin en tête d'affiche d'un téléfilm de José Dayan . Une comédie sur le « burn out », un sujet que connaît bien l'actrice.
Le saviez-vous ? Muriel Robin n'est pas une artiste heureuse. Elle ne s'en cache pas face aux journalistes et vide son sac sans langue de bois. On la retrouve ce soir en tête d'affiche d'un téléfilm de Josée Dayan, la réalisatrice qui tourne plus vite que son ombre. Faire des téléfilms, Muriel Robin n'a rien contre : « C'est agréable, on tourne vite, j'aime bien ça. En plus, ici, le projet s'est monté très rapidement. On a rencontré TF1 pour le financement en juin dernier, deux semaines après on avait le script et le 3 août, on tournait. Ce que j'espère, c'est que ça va me ramener des propositions au cinéma. Car faire du cinéma, ça reste mon envie profonde . C'est mon rêve depuis que je suis toute petite . J'ai fait le conservatoire pour ça ».
Et quoi ? Le one-woman-show, elle n'aimait donc pas ? « C'était pas mon truc. J'ai rencontré Pierre Palmade, j'ai fait un spectacle, puis un autre parce que les gens aimaient. Mais non, ça n'a jamais été mon truc. Les sketches, je n'en avais rien à fiche et je n'en ferai plus. Ça m'a coûté 20 ans de ma vie et 20 kilos ! »
Après deux années d'éclipse (pour cause de dépression), elle est revenue cette année, d'abord avec le téléfilm Mourir d'aimer (de Josée Dayan déjà) où sa performance a été saluée. Mais cela ne calme pas sa frustration concernant le cinéma: « Qu'ai-je fait ? Quelques jours de tournage par ci, par là, et le film " Marilyn", c'était il y a dix ans. Mon bilan, c'est zéro ou presque. Or à 54 ans, je devrais être à mon 35e rôle. Mais j'y crois toujours, j'espère accomplir mon rêve. Cela dit, si je n'y arrive pas et que je dois me contenter de faire de la télé, je le ferai, mais parce qu'il faut bien gagner sa vie ».
Et si on lui proposait une série télé, un rôle de flic récurrent, genre « commissaire Robin » ? « Alors là non, je préfère encore faire du fromage de chèvre ! ».
Or donc, un peu comme elle, l'héroïne de Folie douce, mère de famille dynamique mais surmenée, frôle le burn out : « Elle ne fait pas un vrai burn out, sinon, elle ne reviendrait pas au bout de deux jours. Ce qu'elle fait c'est exprimer son ras-le-bol. Pas tant de tout ce qu'elle doit faire, mais aussi du manque de reconnaissance des autres. Parce que bon, être jolie, travailler, faire les repas aux gosses et rester souriante, il n'y a qu'une femme qui peut faire ça. Très peu d'hommes en seraient capables ». Dans sa verve, on voit qu'elle n'a pas perdu le sens du sketch. X. D.
La Une, 20.20