Depuis le début du procès de la Carolorégienne, le système de défense de Me Luc Misson, conseil de Claude Despiegeleer, laisse perplexe les observateurs. Et ce vendredi, alors qu'une journée complète de plaidoirie avait été prévue uniquement pour lui, le ténor du barreau liégeois a décidé de se retirer, à l'instar de son client.

Avant l'entame du débat au fond, Me Misson avait déjà lancé un premier pavé dans la mare, plaidant sur l'impossibilité pour Claude Despiegeleer d'honorer ses frais de défense. L'avocat avait estimé que le nombre de poursuites à l'encontre de son client nécessiteraient environ 3.500 heures de travail. A 112 euros de l'heure, tarif de Me Misson, Despi devrait donc débourser près de 400.000 euros. Or, l'ex-échevin touche une pension mensuelle de 2.800 euros, ce qui ne lui donne pas droit à l'aide juridique. Trop riche pour le pro deo, trop pauvre pour s'offrir un ténor liégeois.

Me Misson a donc demandé à la Présidente de poser une question préjudicielle à la cour constitutionnelle, estimant que son client ne pouvait se défendre équitablement, ce qui est contraire à la Convention des Droits de l'Homme.

Depuis cette intervention, Me Misson se faisait discret, laissant Despi affronter seul les rafales de kalachnikov du Parquet et des autres parties. Parfois, un collaborateur de Me Misson pointait le bout du nez, mais restait muet, au contraire des conseils de Liesse et Van Bergen qui arrosent le tribunal de questions.

Ce vendredi, la 10e chambre avait réservé toute sa journée pour entendre la défense de Despi qui attend ça depuis septembre 2005. Mais la veille, Me Misson avait sollicité la remise afin d'étudier les 123 pages de conclusions envoyées cette semaine par la Carolorégienne (partie civile). Cette demande a été rejetée par la Présidente, le calendrier étant fixé de bonne date. Qui plus est, l'avocate de Francis Poty a plaidé ce jeudi sans être handicapée par ces conclusions.

Par conséquent, Me Misson a décidé de ne pas se présenter et a conseillé à Despi d'en faire de même. Or, l'ex-échevin a déjà assisté au réquisitoire : il ne pourra donc faire opposition au jugement. Reste la procédure d'appel. A moins que le ténor liégeois n'envisage déjà d'ester devant la Cour européenne de Strasbourg... F.D.