Il s'agissait certainement de l'événement économique régional de la journée : ce jeudi, la chambre du commerce et d'industrie du Hainaut a fait le plein pour son déjeuner débat, avec l'aide d'Induscabel, en confrontant les trois promoteurs des projets commerciaux qui pourraient -devraient ? - changer le visage urbain ou/et périurbain de Charleroi demain : l'administrateur délégué de Città Verde (Farciennes) Robert Marlier, le gestionnaire de développement de Rive Gauche Raphaël Pollet et l'administrateur délégué de la SA Foruminvest Pierre Yserbit ont disposé du même temps de parole pour exposer leurs plans, chiffres et arguments à l'appui. En périphérie, Robert Marlier a confirmé que les premiers coups de pelle seraient bien donnés au printemps. Il a présenté ce qui n'est plus un shopping center mais un véritable quartier de vie qui ne fera pas d'ombre au développement du commerce de coeur de ville. Convaincant ? En tout cas, les incompatibilités sont apparues plus fortes entre les deux autres projets, quoique Pierre Yserbit ait apporté les résultats d'études selon lesquels Charleroi accuse un déficit d'offre commerciale sur les villes de la même taille. Et est en conséquence assez grande pour deux promoteurs. Selon l'étude du Pr Grimmeau de l'ULB, il manque dans le coeur urbain 67.000 m2 GLA de surfaces de commerces. Dès le moment où un permis socioéconomique en a attribué 27.000 à Rive Gauche, il en reste juste assez pour satisfaire les prétentions de Foruminvest sur le site des expos : le développeur n'exige pas plus de 40.000 m2 pour le shopping qu'il rêve d'aménager dans le haut de Charleroi, en lien avec un programme de logements, d'infrastructures de services et un pôle de loisirs que viendrait compléter un centre de congrès en parfait ordre de marche, parfaitement dimensionné aux besoins du marché. Yserbit assène que Charleroi ne peut se recroqueviller sur la seule expansion de sa ville basse. Ou alors, c'est sacrifier tout le reste. Il croit au cheminement d'une liaison piétonne entre les deux pôles. Raphaël Pollet juge la cohabitation impossible. Du moins dans ces conditions-là. C'est un peu comme construire une véranda plus grande que la maison, dit-il. Le gestionnaire évoque le poids des charges d'urbanisme de son programme immobilier qui a déjà coûté 30 millions en rachat de biens. Sans le dire, mais en le suggérant quand même, il place les politiques face à leurs responsabilités. Le centre n'est pas assez confortable ni rentable pour deux. Il n'y en aura donc un. Shalom Engelstein, présent, ne cache pas que son projet n'est pas à vendre. C'est aujourd'hui que l'avenir se décide : un kern élargi de la majorité communale est convoqué à Charleroi. Les leaders du collège et les chefs politiques se retrouvent pour examiner les gros dossiers locaux. Foruminvest en fait partie. Il se dit qu'il y a consensus...