Très exactement 476 demandes encodées. C'est le nombre de demandes de régularisation introduites par des sans-papiers auprès du service étrangers de Charleroi à moins de cinq jours de la fin de la période prévue légalement. Si l'on tient compte que chaque dossier concerne souvent des familles, le nombre de personnes concernées est à multiplier par deux ou trois. Mais bien qu'il ne soit pas encore définitif, n'est-il pas un peu décevant ? Car, rappelons-le, la Ville de Charleroi avait recensé 3 000 dossiers de régularisation pendants. De plus, Charleroi a mis sur pied un large partenariat associatif pour toucher le plus possible de sans-papiers...
Craintes dissipées« Je m'attendais à plus au vu des dossiers pendants, ne cache pas Fabrice Eeklaer. Mais tant le secrétaire général du Mouvement ouvrier chrétien que l'échevine Françoise Daspremont observent que « cette population est, par nature, difficile à quantifier ». « Et puis, poursuit Fabrice Eeklaer, même si les critères de régularisation retenus correspondent à ce que nous souhaitions, une partie de la population concernée est à la marge : il n'est pas rare que des demandeurs ne répondent pas aux critères de justesse. Enfin, le flou qui, au niveau fédéral, a entouré la procédure, a pu inciter à la prudence. La question de la légalité de la procédure est le dernier élément en date. » Cela étant dit, on n'a pas chômé pendant ces trois mois à la maison communale annexe de Marcinelle. « Ca a démarré doucement, contrairement à ce que nous attendions », commente Françoise Daspremont. En moyenne, on a atteint 15 demandes introduites par jour, avec une seule pointe à 50 en un seul jour. « Au départ, explique Virginie Pin, agent administratif au service étrangers, certains éprouvaient la crainte que la police soit derrière la porte. » « Certains avaient peur de délivrer leur identité, communiquaient une fausse adresse », ajoute pour sa part Esmé Caner, déléguée par la Maison du Hainaut.
Partenariat fructueux La confiance s'est heureusement établie progressivement : le bouche à oreille a rapidement levé les hésitations des premiers jours. Le partenariat associatif a joué un rôle positif en ce sens, mais pas seulement pour cela. Le CPAS, mais aussi des associations telles que le MOC, la FGTB, le CRIC, le CAL et la Maison du Hainaut ont mis leurs compétences au service de l'information des sans-papiers. Ensuite, des rendez-vous ont été fixés pour les entretiens individuels pour rassembler un maximum d'informations afin de remplir les critères. Le barreau de Charleroi a apporté également sa contribution et le service des étrangers s'est chargé de constituer les dossiers à transmettre à l'Office des étrangers.
Le tout en parfaite collaboration et avec une disponibilité et un investissement peu ordinaires. « Tous les cas sont pris à coeur par les intervenants, témoigne l'échevine. On sort du cadre purement administratif. On donne l'image d'une administration plus humaine, j'y tiens beaucoup. » Fabrice Eeklaer estime, lui aussi, qu'on ne peut que se réjouir de cette collaboration « très positive » . Au point d'être favorable au renouvellement d'une telle opération sur un sujet qui s'y prête, comme le souhaite l'échevine de la population.