C'est clair : le paradis fiscal olnois, c'est fini. Un choix, pour le bourgmestre, qui veut vivre intensément. Mais sans être inconscient.

Ghislain Senden, avec un taux de 7,8 % à l'IPP (impôt sur les revenus) et 2500 centimes additionnels au précompte immobilier, le paradis fiscal olnois, c'est définitivement fini !C'est clair, les chiffres s'expriment. C'est un choix entre une commune qui veut vivre et avancer ou qui vise d'être un paradis fiscal. Nous nous sommes rendus compte que le paradis fiscal dissimulait une grande misère, en réalité, car quand on n'a pas les moyens financiers, on ne sait pas investir et on ne bénéficie d'aucune aide extérieure. Cela date certes d'il y a 15 ans, mais on en sent toujours les effets aujourd'hui. Exemple ? Les bâtiments publics ont des toits troués, les routes sont en mauvais état et il n'y a pas d'égouts partout. À un moment, il faut reprendre le patrimoine communal en main ! Concernant la fiscalité, on a dit dès le départ qu'on réenvisagerait ça chaque année. Mais cette anticipation est tout à fait bénéfique car nous sommes sûrs d'avoir les moyens d'une politique que l'on a voulue relativement ambitieuse. On peut ainsi citer la nouvelle école, la rénovation de l'ensemble des bâtiments communaux ou encore la construction d'un nouveau hall omnisports, dont on vient d'obtenir les subsides.

Le montant des investissements réalisés en 2008 était à peine de 39 € par habitant. Or la dette communale est quant à elle assez élevée (812€/hab). Paradoxal, non ?Paradoxal, justement car ce chiffre de la dette prend en compte les emprunts que l'on avait prévus, mais pas nécessairement prélevés. Les chiffres donnent donc une image tronquée de la situation réelle. Dès aujourd'hui, par exemple, avec les subsides reçus pour le hall, on va déjà prélever 1 million € dans l'enveloppe de la dette. Les investissements sont donc bien là ! L'impôt sur le revenu ne rapporte pas moins de 256 €/hab à la commune. Que faites-vous avec ces deniers publics ? Vous thésaurisez ?Non, mais on est prudent ! Nous avons notamment constitué un fonds de réserve pour les pensions des fonctionnaires communaux. Ce n'est pas très visible pour les citoyens, mais ce sera très porteur d'ici 10-20 ans. Nous avons par ailleurs entamé une période d'investissements dans la commune qui se termine, notamment au niveau des infrastructures scolaires et salles communales. Nous avons fait des efforts lourds depuis plusieurs années.

Les taxes vont-elles pouvoir diminuer, alors ?Ça, je n'en sais rien, car c'est à revoir annuellement. On ne sait pas de quoi demain est fait. Il reste par ailleurs un domaine à achever : tout le travail d'égouttage.

La taxe déchet est également la plus élevée du Plateau (135 €/ménage), soit 2 fois plus que la commune la moins chère (Plombières, 67 €)...

Cette taxe nous permet d'atteindre directement les 100 % du coût vérité. Avant, les citoyens ne payaient que les sacs poubelles, mais suite à l'imposition d'une taxe de base, nous avons décidé de ne l'appliquer qu'une seule fois, comme ça, ça ne saurait pas être pire. Même si ça dépendra aussi des exigences d'Intradel.

Les frais de personnel sont aussi relativement élevés, malgré la petite taille de la commune. Comment les justifier ?Parce qu'on offre quand même énormément de services et d'actions aux citoyens (bibliothèque, accueil extrascolaire, achat collectif d'électricité...). Tout ça, évidemment, ce n'est pas gratuit et cela monopolise du personnel. Mais cela fait partie de ce qu'on a voulu faire !