Un dernier petit coup d'épée
(photo EdA)
Derni er rassemblement pour la confrérie de la Malemort et la compagnie de Brogne. Les deux groupes se sont rassemblés sur les sommets de la Citadelle pour fêter la Sainte-Barbe. Au programme samedi ? Franches rigolades, tirs d'artillerie, combat à l'épée, tirs à l'arc et défilé, sous la pluie, en vêtements d'époque. À la compagnie de la Malemort, ce rassemblement est une habitude. Chaque samedi, entre 11h et 13h, les membres s'entraînent. « Nous revêtons nos costumes tous les premiers samedis du mois », explique-t-on à la Malemort.
Si la Malemort représente une troupe de mercenaires du 14e siècle et est donc davantage spécialisée dans le maniement des armes, la compagnie de Brogne fait dans l'artisanat. Poterie, tissage, filage, travail de la pierre ou du cuir : il y en a pour tous les goûts. Samedi, les armes ont bien fonctionné. Les compagnies avaient sorti la « vinaigrette », une sorte de tout petit canon. La « vinaigrette » construite par les passionnés d'histoire médiévale fait beaucoup de bruit. Les médiévistes vivent leur passion à fond. Jusqu'à réaliser leur propre matériel...
Brogne est néede la Malemort« On fabrique nous-mêmes les pièces d'artillerie », explique Albert Grégoire, dit Bilbaron, vice-président de la compagnie de Brogne et artilleur à la Malemort.
Les deux compagnies se connaissent parfaitement. D'ailleurs, la compagnie de Brogne est, en quelque sorte, née de la confrérie de la Malemort. « À la Malemort, il y avait très peu d'artisanat. Certains voulaient faire autre chose que de manier des armes. On a donc créé la compagnie de Brogne il y a deux ans. Certaines personnes appartiennent aux deux compagnies », explique Albert Grégoire, dit Bilbaron, vice-président de la compagnie de Brogne et artilleur à la Malemort. La compagnie de Brogne n'a aucun rapport avec l'abbaye du même nom. La confrérie est en fait basée à Beez. « On a choisi ce nom un soir autour d'un verre. C'est un peu le hasard », explique Albert Grégoire.
À quoi servent les entraînements ? À se préparer pour les reconstitutions, rares l'hiver mais très fréquentes pour les deux compagnies en été. Et on est attentif au moindre détail. « Enlève ta montre », lance un médiéviste à un artilleur.
« On essaie de retirer tous les éléments de modernité. Il existe quelques exceptions, notamment pour des raisons de sécurité. Pour la poudre, on utilise des éprouvettes en plastique. Parfois, on met le feu avec un briquet. Pour ceux qui portent des lunettes, on leur permet de leur garder. Ils sont souvent plus dangereux sans », plaisante Stéphane Lefèvre, le vice-président de la compagnie de Brogne.