Les dernières heures du sapin royal de Louette-Saint-Pierre
(photo EdA)
«Dès que le message de recherche d'un sapin pour le palais royal est arrivé, j'ai su que j'avais un sapin qui convenait, raconte François Darche, agent du département Nature et Forêt. Pour en être tout à fait sûr, j'ai consulté un collègue de travail. On doit livrer du tout premier choix, au palais royal.» La décision finale, c'est l'ingénieur du cantonnement de Beauraing, M. Huart, qui l'a prise. Voyant l'arbre, il a donné son feu vert. Le sapin qui trônera devant le palais royal sera gedinnois. Il est offert par la commune de Gedinne. Les grandes manoeuvres débuteront ce lundi à la première heure.
Un canonN'est pas sapin royal qui le veut. Pour avoir des chances, il faut répondre à différents critères. Il faut naturellement être bien fourni en branches mais avoir des dimensions bien précises : une hauteur de 15 m et un diamètre à la base de 35 cm. « C'est un semi-naturel. Pour ainsi dire, on ne s'en est pas occupé », indique François Darche.
L'élu de cette année, un épicéa, se trouve dans les bois de Rienne, dans le triage des Haies. Il se trouve au pied du massif de la Croix-Scaille entre Cocolle et Willerzie. L'élégant a été mesuré une dernière fois. Il dispose d'une circonférence de 119 cm. L'arbre gedinnois a beaucoup pour lui : il a naturellement toutes les propriétés requises et se trouve à proximité d'un chemin. « Il y a de la place pour manoeuvrer, indique, M. Mathieu, un responsable de l'opération. On prendra toutes les précautions pour préserver les branches . » Pour travailler sans difficulté et en douceur, un engin télescopique sera engagé. L'arbre sera déposé sur la remorque d'un camion de la firme Comes de Bièvre.
Un amoureuxInquiet pour l'abattage, M. Darche ? La question lui a été posée quelques heures avant le début de l'opération. La réponse est négative. Même si la tâche est délicate, l'homme sait qu'on peut compter sur l'équipe. Arbre royal ou pas, dans un pays de bois, on connaît la musique. Toutefois, toutes les précautions vont être prises. C'est une équipe d'ouvriers communaux qui va se charger du travail. Cet abattage sera toutefois particulier : il y aura du monde dans le bois.
Heureux, le forestier François Darche l'est. Passionné par son métier de sylviculteur, il goûte pourtant avec modestie l'événement. « D'autres agents ont des arbres qui auraient fait l'affaire dans leur triage, indique-t-il. Quand on fait de la forêt, le but n'est pas de faire des beaux sapins de Noël. Toutefois, on est fier de fournir un arbre au palais royal. Ce sera pour moi la première. Mes collègues sont heureux pour moi . »