Huit cents candidats entrepreneurs accompagnés, près de 250 créations d'entreprise et plus de 200 candidats qui ont retrouvé un emploi... Le bilan chiffré de dix années d'activités est largement positif pour Azimut, la coopérative d'activités et d'accompagnement établie sur le zoning d'économie sociale de Monceau-Fontaines.

Imaginée par Benoît Smets et Jean-François Coutelier, sur base d'une idée française, Azimut a vu le jour le 26 novembre 1999. Active en Hainaut, à Namur et en Brabant wallon, c'était la première initiative du genre en Belgique alors qu'on en compte actuellement une douzaine, tant en Wallonie qu'en Flandre et à Bruxelles.

Acessibilité, sécurité

Certes il existe d'autres organismes d'accompagnement de candidats entrepreneurs, ainsi que des couveuses d'entreprises. Mais une coopérative telle qu'Azimut comporte des spécificités qui en font son originalité. Son accessibilité n'est pas la moindre : « Nous sommes ouverts à tout type et à tout porteur de projet. On n'est pas assez riche en candidats entrepreneurs, tant en quantité qu'en qualité, pour ne pas laisser sa chance à tout le monde », rappelle la directrice Valérie Galloy.

Une autre spécificité, c'est le test grandeur nature. Evidemment, chaque candidat reçoit une formation appropriée, selon ses besoins et ses faiblesses, ainsi qu'un encadrement approprié durant 18 mois, avec confrontation au marché. Mais pendant cette période, le candidat prendra des risques (très) limités. Car Azimut prend sous son aile protectrice ses protégés, avec son propre statut juridique. Autrement dit, c'est elle qui assume le risque et qui, au pire, permet à ces « entrepreneurs salariés » de préserver vingt mois durant leur droit aux allocations de chômage, dégressive en fonction du succès de l'activité.

En dix ans, ils sont un peu plus de 200 sur les 800 candidats, à être retournés au chômage. « Même quand c'est risqué, que l'on échoue, on apprend quelque chose, commente Olivier Bouche, du comité de direction. Notre mission est de créer des entreprises, mais aussi de former. Après un échec, on peut toujours revenir plus tard, avec un projet plus affiné. »

Pas d'assistanat

On l'imagine, pareil système, novateur il y a dix ans, a nécessité une adaptation au plan légal. Des aides publiques sont aussi nécessaires. Mais elles ne font qu'un aller et retour, explique la directrice. Car le chiffre d'affaires résultant de l'activité des entrepreneurs en phase de test - 3,5 millions € ces sept dernières années - génère aussi précompte, lois sociales et TVA qui retournent dans les caisses publiques. Il faut encore y ajouter la réduction du montant des allocations de chômage, en fonction de la rétribution des entrepreneurs par Azimut.

Actuellement, l'équipe de la coopérative est constituée d'une douzaine de personnes. Celles-ci dispensent des formations à raison de 200 jours par an et suivent au quotidien d'une grosse centaine d'entrepreneurs. L'avenir ? « Accompagner encore plus d'entrepreneurs, continuer à s'adapter au contexte économique, à l'environnement par des services nouveaux, ajoute la directrice. En 2010, nous mettrons ainsi sur pied, avec l'aide de la fondation Mestdagh, une aide au développement commercial. »