Dans le club-house du club de tennis local, juste à côté du Kiel, les décorations de Noël clignotent déjà. Pour le G Beerschot, c'est Noël depuis que Jos Daerden a repris les rênes de l'équipe, le 4 septembre dernier. Son bilan vaut mieux qu'un long discours : 27 sur 33. Quand il a été appelé à la succession d'Aimé Anthuenis, il était encore en contact avec un club chypriote et avait eu un contact avec Panthrakikos, le club grec entraîné par Albert Cartier. Cela faisait un an et demi qu'il attendait une offre, depuis son expérience ukrainienne au Metalurg Donetsk, « et je dois avouer que j'ai eu quelques moments de doute », reconnaît-il.

Quand le Germinal le sollicite, il n'hésite donc pas longtemps. Il doit débarquer pour éteindre le feu, comme il l'avait fait il y a quatre ans, dans les mêmes circonstances, déjà Marc Brys avait alors été limogé. Trois mois après sa prise de fonction, le Germinal est passé de la 14e place à la 3e. Quel est le secret ? « Il n'y en a pas, répond le père de Koen. J'ai eu la chance d'avoir une trêve internationale de dix jours pour préparer le premier match, contre Lokeren. On enchaîne trois victoires en dix jours (2-1 contre Lokeren ; 1-2 au CS Bruges et 1-0 contre Courtrai) et le train est parti.

»

À l'entraînement, Daerden est exigeant, « surtout sur les choses simples ». Il aime le jeu de passes « on finit chaque échauffement, à l'entraînement, par un exercice de passes, pour que les joueurs osent plus, en match » - et écourte les séances pour les rendre « plus intensives ». Il remet à niveau ses joueurs, physiquemen - « certains sont encore dans le rouge, mais moins qu'avant ». Daerden connaissait aussi la plupart des joueurs et sait qu'il peut s'appuyer sur des éléments d'expérience, comme Goor et Clement, pour relayer son message.

Mais la réussite du G Beerschot pourrait-elle, aussi, se nourrir des échecs ou vexations individuels ? Goor, Clement, Leko ou Mikulic ont été priés de partir ; Haroun et De Decker ont dû se relancer après des temps difficiles à Genk ; McDonald, malgré un bon deuxième tour avec Roulers, n'avait pas su convaincre. « C'est l'envie de jouer qui les a réunis, coupe Daerden. Pas l'envie de prouver. » Et l'entraîneur, ne prend-il pas un certain plaisir à se rappeler au bon souvenir de la Belgique du football ? « Je pensais franchement au début de cette saison que je ne travaillerais plus en Belgique. Et puis voilà, six mois après ... » Il revient sous les projecteurs, mais ne dresse pas de plan de carrière. « C'est fini tout ça. On fera le point avec la direction au mois de mars. » Si le Germinal est en play-off, il prolongera.

Avec neuf points d'avance sur les 7 - Malines, St-Trond, Courtrai et Roulers - , les Rats sont bien partis. « J'espère conserver cette avance jusqu'à la trêve », calcule Daerden, qui ne rêve pas tout haut et concède : « Il faut être réaliste, c'est inespéré ce qui nous arrive. Tout ce qui viendra après ne pourra être que moins bon. » Ce qui vient tout de suite, c'est le Standard, dont il est resté supporter. « Mais plus comme à l'époque de Tongres, quand j'étais joueur et qu'on finissait vite l'entraînement pour aller voir les matches de Coupe d'Europe », rigole-t-il.

Demain, c'est en effet un match de championnat. Mais c'est le G Beerschot qui devance le Standard ...