En jouant au même rythme qu'en championnat, les Anderlechtois ont probablement sous-estimé le Dinamo Zagreb. Aujourd'hui, ils doivent regretter de n'être pas rentrés de Timisoara avec une victoire qui leur tendait pourtant les bras le 22 octobre dernier et qui leur aurait assuré la qualification dès la quatrième journée ! Frilosité, quand tu nous tiens...

Anderlecht est revenu sur terre après deux mois et neuf matches sans défaite. En nonante minutes, tout a basculé. Même si celui de mercredi pourrait être lourd de conséquences, il serait toutefois ridicule de tout remettre en question après un revers. Fin août, les Mauves étaient en état de choc après le duel face au Standard. Mais, trois mois plus tard, sans Wasilewski, Polak, Zitka et Frutos, ils trônent en tête de la D1. Quant à leur aventure européenne, elle n'est pas encore terminée.

Pas de remise en question intégrale donc, au parc Astrid, mais quand même beaucoup d'interrogations et d'inquiétudes. Pour l'avenir européen tout d'abord puisque le scénario catastrophe, qui verrait Ajax battre les Bruxellois et Zagreb s'imposer contre Timisoara paraît le plus plausible. Pour la suite de la saison dans son ensemble, ensuite. Une élimination, le 17 décembre prochain à Amsterdam, laisserait très certainement des séquelles au sein d'un vestiaire bruxellois qui venait à peine de digérer le dernier titre perdu sur un impardonnable gaspillage (à Tubize) et un coup de dé (le penalty raté de Ruiz).

S'il s'était cru deux fois champion au printemps dernier, Anderlecht s'est aussi vu qualifié pour les seizièmes de finale de l'Europa League à deux reprises : après que l'UEFA eut sanctionné le Dinamo Zagreb en lui retirant trois points et avant-hier... jusqu'à l'heure de jeu.

Les Mauves ont beau prétendre que leur moral n'est pas (encore) atteint, décembre constituera un vrai test. En un mois, ils peuvent tout perdre, mais ils ont aussi la possibilité d'encore tout gagner. Pour cela, il faudra que les jeunes résistent à la pression et confirment sur le long terme.

Contre le Dinamo, Bakary Sare n'a par exemple pas résisté au pressing croate en milieu de terrain. Il faudra également que les Bruxellois gagnent des rencontres au sommet, et cela bien avant les play-off. Jusqu'ici, ils ont perdu sept points à Bruges, contre le Standard et face à Gand.

Sans briller, Anderlecht a engrangé les bons résultats grâce à sa rigueur, à une défense retrouvée mais aussi grâce à Romelu Lukaku. Sur les huit buts inscrits en championnat par le fiston de Roger, quatre ont rapporté douze points. Mais quand le phénomène du Parc ne marque pas, le Sporting trouve difficilement l'ouverture. Comme contre Courtrai et face au Dinamo Zagreb.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le vice-champion de Belgique est dépendant d'un adolescent de 16 ans qui, inévitablement, connaîtra tôt ou tard un passage à vide. Les alternatives ? Tom De Sutter reste sur 23 matches sur 25 sans marquer (!) tandis que Nicolas Frutos a seulement repris l'entraînement collectif mardi. Ariël Jacobs prie pour que le Brugeois et l'Argentin retrouvent vite leurs sensations.

Anderlecht va vivre un mois torride. D'ici au 30 décembre, il lui reste sept matches pour prouver qu'il n'est pas un colosse aux pieds d'argile. Et quels matches ! Le Sporting ne pouvait pas entamer plus mal ce mois de vérité. Pour éviter de sombrer dans une spirale négative, il sera déjà obligé de gagner au Cercle de Bruges. Les Mauves joueront gros, dimanche, au Jan Breydelstadion.