Rien ne l'arrête. Quand en Belgique un Premier ministre démissionne suite à des pressions supposées (puis démenties) sur la justice, Silvio Berlusconi, le Président du Conseil italien, défie, lui, ouvertement « les toges rouges » de son pays. Qu'importe qu'il soit accusé de fraude fiscale ou de corruption. Ou encore qu'il soit soupçonné de relation sexuelle avec des prostituées ou de collusion avec la mafia. L'homme encaisse mais résiste.

C'est que, dit-il, le peuple italien « l'adore ». Il n'y a dès lors pas de raison de l'abandonner. Même si, dans n'importe quelle autre démocratie, il aurait fait ses valises depuis longtemps. Mais lui tient bon. Pourquoi ?

C'est précisément la question que se sont posée les journalistes de France 2, Sébastien Legay et Mathieu Dreujou, partis enquêter dans la péninsule sur les raisons de cette longévité.

Car les faits sont loin d'être récents. Ils remontent à 1993, quand Silvio Berlusconi, empêtré dans des démêlés judiciaires, a décidé de se lancer en politique. Il parlait à l'époque de « légitime défense ». Élu, il a ainsi pu éviter plusieurs procès. Par quatre fois il a été condamné. Trois fois, la prescription l'a sauvé. La dernière fois, il a été amnistié.

Mais voilà, depuis qu'il est revenu aux affaires en 2008, l'homme n'avait qu'une obsession : faire voter son immunité. Chose dite, chose faite. Mais, depuis la Cour Constitutionnelle s'est opposée à cette législation sur-mesure. Silvio Berlusconi est donc à nouveau menacé.

Il n'entend pas pour autant démissionner. Il a annoncé qu'il allait répliquer en réformant le système judiciaire. Et comme le montre Envoyé Spécial ce soir, il a les relations qu'il faut pour arriver à ces fins. Et une nouvelle fois éviter d'être condamné ? France 2, 20.35