Après les prostituées sympas d' Au bordel ce soir, le magazine Tout ça ne nous rendra pas le Congo (ex-Strip-Tease ) propose un reportage sidérant, qui tient à la fois du panorama des médecines douteuses et de l'enquête policière.

Le film est signé Philippe Dutilleul, l'une des grandes figures de l'émission (Bye Bye Belgium, Une délégation de haut niveau et Degrelle la Führer de vivre, c'était lui) et a demandé un an et demi de travail. C'est au départ l'histoire d'une Belge qui pendant des mois a consulté un guérisseur par téléphone (Belge lui aussi mais installé dans le sud de la France) parce qu'elle souffrait du sein. Le gourou (dont on apprend qu'il avait 600 clients et facturait 50 € la conversation téléphonique) a toujours nié qu'elle ait une tumeur et lui tenait un jargon ésotérique incompréhensible.

La femme se débattait avec sa douleur mais faisait confiance et appelait sans cesse. Finalement elle est morte, soignée trop tard de son cancer. Le détail, c'est que par habitude, elle enregistrait toutes les conversations téléphoniques, pour les réécouter plus tard à son aise. À partir de cette matière sonore exceptionnelle, où apparaissent les rouages de la manipulation, Dutilleul et Nathalie, journaliste et fille de la défunte, font apparaître tout un réseau de charlatans et praticiens douteux qui se connaissent, ont pignon sur rue, donnent des conférences très suivies, s'envoient des clients et font payer très cher de la poudre aux yeux. Ce docu-choc s'appelle Mort biologique sous ordonnance.

Édifiant et à voir absolument. Une instruction étant en cours concernant le guérisseur incriminé il y aura une suite, annonce déjà Dutilleul.X. D.

La Une, 22.00