Faire ses courses en ligne, remplir des documents,... tout est possible avec internet. Un bénéfice pour les personnes souffrant d'un handicap
(photo Reporters)
Et si une des pistes du maintien à domicile des personnes âgées passait par internet ? Surfer pour ne pas tout perdre... On en parle le 4 décembre.
C 'est un peu l'anti-résignation. L'évolution technologique à rebrousse-poil. On s'était pourtant bien fait à l'idée que l'internet n'était pas fait pour tout le monde. On les considérait froidement hors du coup, le 3e et le 4e âge. Ils pourraient se brosser pour connaître un jour l'ivresse de la Toile, les courriers électroniques, les photos du gamin sur Facebook, la banque en ligne et les miracles du shopping sur le net.
Il se fait que, pour les seniors, l'espoir est un cran au-dessus. Le potentiel d'autonomie est bien réel, selon les organisateurs d'un colloque sur le sujet. Le rendez-vous est fixé le 4 décembre aux cliniques universitaires du Mont-Godinne (*).
1. (In) Former C'est Solival Wallonie-Bruxelles qui organise cette journée. L'organisme se spécialise dans l'information et le conseil en aménagement de logement auprès des personnes âgées ou handicapées (service gratuit). « La population âgée augmente et, malgré différentes aides, il est parfois difficile de maintenir une part d'autonomie dans la vie de tous les jours », explique Véronique Legrain, ergothérapeute et coordinatrice du projet Cyberterrasse. Cyberterrasse est un projet soutenu par Solival et les volontaires de Mont-Godinne pour former gratuitement des personnes âgées, handicapées ou hospitalisées aux techniques informatiques et à l'internet. Formations individuelles, adaptées aux besoins de chacun.
2. Internet et les seniors : antagonisme ? Souvent, les personnes âgées le disent elles-mêmes : « C'est pas pour moi ! » Trop compliqué, pour quoi faire, bon pour les jeunes, etc. « Seniors et internet, oui, ça a l'air antagoniste. C'est parce qu'on ne leur explique pas. Il y a de l'appréhension chez certains, c'est sûr. Mais d'autres constatent les changements. Comme cette dame qui a toujours voyagé en avion et qui s'aperçoit que, pour certaines compagnies, les réservations ne se font plus que sur internet. Les techniques évoluent, le fossé se creuse. Il fallait faire quelque chose pour démystifier les nouvelles technologies », poursuit Véronique Legrain.
3. Indépendance/autonomie On peut perdre son indépendance physique. C'est souvent le cas quand on vieillit ou quand on subit un handicap. Ce qui n'implique pas la fin de toute autonomie intellectuelle. Autrement dit, ce n'est pas parce qu'on ne peut plus bouger comme avant qu'on ne peut pas continuer à gérer sa vie. « Il y a des personnes qui ne peuvent plus signer un document parce qu'elles tremblent trop. Ou qui ne peuvent plus aller à la banque et gérer leurs comptes. Du coup, on impose un gestionnaire de biens. Mais elles pourraient continuer à gérer leurs comptes via internet. La maltraitance peut aussi être financière : on les dépossède de quelque chose », fait observer Véronique Legrain.
4. Pour quoi faire ? Faire ses courses en ligne, envoyer des courriers même si on ne parvient plus à tenir un bic, commander des documents officiels, gérer un agenda... Tout est possible avec un matériel adapté, simplifié. Le coût ? « Des solutions simples existent à un coût raisonnable », soutient Solival. Il en sera aussi question lors du colloque.
(*) « Maintenir son autonomie dans son lieu de vie grâce à internet », gratuit pour grand public et professionnels. Programme et inscription au 070/221 220 ou sur www.cyberterrasse.be