Le Club de la Rockhal était comble, vendredi dernier, pour assister au concert de Nouvelle Vague. Si le public ne fut pas déçu par la prestation de haut vol du groupe français aux reprises bossa-nova, il ne s'attendait pas, pour autant, à être surpris par Yoko Sound, en première partie.
En effet, le groupe belge a su littéralement emmener les spectateurs présents dans un autre univers, grâce à un trip hop onirique. Au terme de leur prestation, la salle était conquise et comme sortie d'un doux rêve.
L'Arlonais ArkerYoko Sound, on les connaît : il s'agit du projet mené par la chanteuse bruxelloise, Julie Dambly dit Yoko, et par l'Arlonais d'origine, Gérald Lambert alias Arker, compositeur et producteur de leur premier album Not Ennemy. Depuis un peu moins d'un an et demi, Yoko Sound accumule les dates - 23 au total - en Belgique et au Luxembourg, où il s'agissait de leur troisième passage. La critique fut d'emblée unanime et enthousiaste vis-à-vis du projet. D'aucuns les voient même comme sérieux prétendant à la couronne abandonnée par Hooverphonic, orphelin de Geike Arnaert parti en carrière solo.
Cependant, chez Yoko Sound, on ne se monte pas la tête. Conscient qu'il est nécessaire, malgré une bonne recette, de continuer à travailler la sauce pour franchir les paliers qui mènent au succès. Et la sauce s'est indéniablement améliorée depuis leur dernier passage à Luxembourg, en octobre 2008, par l'arrivée récente de Patrick Dorcean, ancien batteur de feu Marc Moulin. La tournée en France qui s'annonce pour 2010 en témoigne aussi pleinement.
Ce duo, devenu donc trio aujourd'hui, gagne en effet en puissance et surtout en cohésion sur scène. Ajoutons aussi une Julie Dambly de plus en plus à l'aise et expressive, exploitant de la sorte pleinement son charme naturel, et l'on comprendra aisément l'excellent sentiment laissé au public luxembourgeois.
« Maintenant, je me lâche sur scène ! »« Maintenant, je me lâche davantage sur scène, confie Yoko, au terme du concert. J'ai vraiment été agréablement surprise par la réaction du public aujourd'hui. Ils nous ont vraiment bien suivis. Ils sont bien rentrés dans notre musique. Avec Patrick, on a moins de pression et il apporte un réel plus à l'ensemble. Je me sens vraiment plus à l'aise et Gérald doit moins jongler avec tous les instruments. On est donc davantage nous-même. » Être soi-même, voilà la recette magique avancée tant par Yoko qu'Arker. « Avec Gérald, cela a vraiment été une rencontre extraordinaire, assure Julie Dambly. On a toujours voulu ne pas trop calculer dans ce projet. Être comme on est et voir ce que cela peut donner. » « On s'est rendu compte directement qu'on était sur la même longueur d'ondes, qu'on avait la même vision de le musique, ajoute le compositeur-interprète arlonais. Il est arrivé qu'elle écrive des textes qui collent sur mes compositions sans même les avoir écoutées avant. Il y a quelque chose de magique. » Un peu de magie, donc, et surtout du rêve, c'est ce qui était offert par Yoko Sound sur scène, vendredi, avec un succès bien réel.