"Yves Leterme s'imposera comme le choix logique à la succession" d'Herman Van Rompuy si le Premier ministre devait être élu à la présidence du Conseil européen. Ce sont les mots du député flamand Carl Decaluwe ce lundi à l'entrée du Bureau du CD&V.

"Notre parti n'a pas l'intention de se laisser calomnier", a-t-il lancé à l'endroit des francophones. Allusion à un éditorial du Soir mettant un veto au retour d'Yves Leterme comme Premier ministre, article qui n'est pas passé inaperçu en Flandre, singulièrement dans les rangs chrétiens-démocrates.

"Certains tentent de nous assassiner politiquement, ce n'est pas très convenable. C'est aux hommes politiques qu'il revient de gagner la confiance de leurs pairs", a déclaré Decaluwe.

Beaucoup doutent de la capacité d'Yves Leterme à trancher le contentieux institutionnel. "Un accord communautaire ne dépend pas que de M. Leterme mais de l'ensemble des partis assis autour de la table", a souligné Carl Decaluwe. "Ce qu'il doit faire c'est tenter quelque chose, comme le ferait Herman Van Rompuy".

"Atouts énormes"

De son côté, le ministre d'Etat Mark Eyskens est d'avis qu'Yves Leterme dispose d'"atouts énormes" qu'il convient de ne pas gaspiller. "Ce dont nous n'avons certainement pas besoin, c'est d'un Premier ministre qui échoue dans deux mois. Pour cette raison, nous devons d'abord examiner quelle est la meilleure façon d'appréhender les discussions (communautaires)".

Mark Eyskens estime qu'Yves Leterme ne peut faire l'objet d'exclusives. "Ce n'est pas ainsi que cela fonctionne. Nous devons appréhender la discussion communautaire avec le souci de l'efficacité", a-t-il tranché.

Selon lui, "chaque camp" sera amené à faire des concessions. Yves Leterme devra prouver qu'il a des potentialités. "The proof of the pudding is in the eating", a conclu M. Eyskens. C'est à l'oeuvre qu'on reconnaît l'artisan.

Avec Belga