S'il est un projet qui a donné du fil à retordre ces dernières années , c'est bien celui de l'aménagement du parade ground de Callemeyn. Et maintenant qu'il avance, c'est l'opposition qui a des états d'âme.
Vendredi dernier , l'architecte Joël Collard (Bureau A.3) est revenu devant le conseil communal d'Arlon pour exposer l'état d'avancement du projet d'aménagement du parade ground de l'ancienne caserne Callemeyn, destiné à devenir jardin d'agrément. Le projet frôle les 2,5 millions d'euros et a séduit, dès la première heure, tous les bancs du conseil. « Au point que je me demande si, parfois, tant ces projets sont formellement réussis sur la forme, nous ne sommes pas ensorcelés », confie Marcelle Charlier-Guillaume (MR). Ce dont convient aussi le conseiller Écolo Jean-Marie Lambert, qui en viendrait presque à regretter d'avoir appuyé sur le bouton vert au moment du vote.
Entre Arlon et la revitalisation de l'ancien quartier militaire de l'avenue du Xe de Ligne, destiné à devenir « Les Jardins de Seymerich », c'est en effet une relation amour-haine qui s'est tissée au cours des dernières années, depuis que la société grand-ducale Sermelux a racheté progressivement, par convention, les blocs désaffectés pour y aménager des appartements de standing. Or voilà que, des années plus tard, le parade ground reste, malgré le fait que plusieurs blocs sont aujourd'hui habités, à l'état de chantier. Presque de terrain vague. Ça fait désordre !
On s'est copieusement renvoyé la balle, entre la Ville et Sermelux, sous prétexte qu'il y avait maldonne sur les surfaces à aménager par les uns et les autres. Ce qui a, on s'en doute, considérablement retardé l'aménagement du parade ground.
« Où est l'investissement citoyen ? »Aujourd'hui, le dossier avance enfin et le vote qui s'est fait à l'unanimité vendredi lui a permis de franchir une nouvelle étape. À l'entendre, l'opposition arlonaise, MR et Écolo, reste pourtant mitigée. Non sur ce qu'elle a décrit comme « un petit Versailles », mais sur les engagements financiers de la Ville dans l'opération. « Pourquoi faut-il financer ce projet sur fonds publics ? lance Jean-Marie Lambert. Avec le recul, ça ne me convient plus d'avoir donné mon blanc-seing. Où est l'investissement citoyen ? Ce parc bénéficiera surtout aux riverains et d'abord à une société qui vend des logements ! »« C'est quand même un énorme cadeau que l'on fait à un promoteur privé », ajoute Jacques Ensch, au MR.
Ce n'est pas aussi simple que ça, rappelle pour sa part le premier échevin, André Perpète (PS). « Des accords ont été passés entre la Ville et Sermelux. Et la Ville s'est engagée, non seulement à financer, mais à ajouter à cette somme les subsides qu'elle décrocherait. Et ça, c'est exceptionnel, comme démarche. » En attendant, pour l'opposition, la majorité se la joue « bling-bling » et pour la majorité, la transformation du parade ground de Callemeyn sera l'une des grandes réussites de la décennie.