Exit le poulailler à Durbuy
Dans notre édition de vendredi, nous vous informions que le ministre wallon de l'Aménagement du Territoire, l'écolo Philippe Henry, avait cassé le permis de poulailler industriel de Bois-Gérard (Durbuy) octroyé en son temps par le collège communal local. Une des principales argumentations du ministre étant l'impact paysager que cette nouvelle structure aurait sur un site connu et reconnu comme étant de très haute valeur.
On s'en doute, cette décision a été accueillie avec joie auprès des signataires de la pétition hostiles au projet. « Nous avons appris l'information par notre avocat », explique Sylvie Fauconnier, une des opposantes. Elle poursuit : « Nous sommes tous très contents de cette décision, après des mois de combat. On ne pouvait pas imaginer mieux comme issue. »
Étonnement et déception
Face à l'issue du recours, le bourgmestre durbuysien, Philippe Bontemps, affiche un double sentiment. Il se dit « étonné » et « déçu ». Étonné tout d'abord : « Après le refus d'un premier projet, nous avions pensé avoir trouvé un très bon compromis entre les avantages et inconvénients d'une telle implantation », note le mayeur. Et d'enchaîner : « L'urbanisme avait marqué son accord sur le nouveau projet. » Déçu ensuite. Pour les mêmes raisons. « Je suis entièrement d'accord avec la conservation des paysages. Mais imaginons-nous qu'à la place d'une prairie, nous avions de tout temps eu un bois. Les perspectives actuelles ne seraient jamais vues », glisse le premier durbuysien qui note au passage que la famille qui souhaitait investir aurait respecté les recommandations de l'urbanisme, ce qui n'aurait eu qu'une infime influence sur le paysage.
Projet global
Chez le porteur de projet, la famille Deliège, on affiche également une très grande déception. On dit ne pas comprendre. « Le volume de terre à remblayer, pour équilibrer le paysage n'était que de 710 m3³, ce qui est loin d'être énorme », commente Marie-Josée Deliège. Des responsables de la Fédération wallonne de l'Agriculture (FWA) viennent d'ailleurs de venir se rendre compte de visu de la situation. Mais ce qui pose véritablement problème à la famille, c'est qu'outre le poulailler, la construction d'une étable était prévue. La décision du ministre cassant l'ensemble du projet. « Le poulailler, c'est de la diversification. C'est une chose. Mais l'étable, nous en avons cruellement besoin. L'hiver arrive. Nos bleus blancs et nos limousines vont-elles rester dehors en hiver ? Que se passera-t-il si l'Afsca ou GAÏA passe ici ? Je trouve cela scandaleux », ponctue l'agricultrice. Il reste aux agriculteurs un possible recours au Conseil d'État. Le projet revenant de toute façon au point de départ.