Pourquoi avoir pris la décision de casser le permis des agriculteurs de Bois-Gérard (Durbuy) ?Dans ce cas très précis, ce sont des questions d'ordre paysager qui ont motivé ma décision. Dans ce genre de dossiers, on évalue chaque dossier selon différents critères : implantation urbanistique et paysagère, nuisances environnementales, impact sur la qualité de l'eau, etc. Ici, le projet se situait clairement dans une zone de paysages remarquables, ce qui constitue une richesse de la Wallonie.

Que répondez-vous aux agriculteurs qui arguent du besoin de se diversifier ?Je suis conscient de ce besoin. Mais, il ne faut pas faire non plus d'exclusive. Il existe beaucoup de moyens pour se diversifier. L'agriculture est importante dans nos régions. Mais, il ne faut pas non plus que tous les projets d'élevage intensif se traduisent par des nuisances pour la Wallonie. Il convient d'analyser chaque dossier sur base de critères plus clairs et objectifs. Pour l'instant, chacun de ces dossiers se traduit trop souvent par une foire d'empoigne entre partisans et opposants de chaque projet. Ce n'est pas sain. Les acteurs ne savent parfois plus pourquoi un dossier est refusé, un autre accepté.

Quelle sera alors votre philosophie générale concernant l'implantation de porcheries ou poulaillers industriels ?Dans notre accord de gouvernement, on prévoit la négociation de conditions sectorielles d'ici 2011, avec le ministre de l'Agriculture. En clair, il s'agira de la création de critères qui permettront de mieux juger les dossiers, pour ne pas justement rentrer dans une logique de cas par cas. Chaque fois que je devrai évaluer ce type de dossiers, je pourrai alors tenir compte d'éléments clairs et objectifs. Je compte également instaurer un dialogue entre tous les acteurs, que ce soit les créateurs de projet, les communes ou les comités de riverains. Il faut des informations claires. Et surtout ne pas entrer dans une logique de refus de tous les projets.

Ne faudrait-il pas organiser un grand débat sur ce sujet à la Région wallonne, et même parfois à l'échelle de sous-régions ?À la Région, cela aura donc lieu d'ici 2011 avec la négociation des conditions sectorielles. Maintenant, à l'échelle de sous-régions, on ne peut qu'encourager de telles initiatives. Je suis prêt à soutenir de telles démarches.