L'Allemagne, l'Europe, l'Occident... Tous célèbrent ce lundi la chute du Mur. Voici 20 ans, elle signifiait notamment la réunion des deux moitiés de Berlin. Encore fallait-il réussir la couture...
La chute du Mur, le 9 novembre 1989, n'a pas suffi à réunir toute la capitale allemande : « des ponts et des rues étaient barrés ; des lignes de métro butaient sur un mur. La toute première tâche a été de rouvrir ces artères », rappelle Petra Rohland, porte-parole des services d'urbanisme du Sénat, l'assemblée du Land de Berlin. Il fallait ensuite « recoudre » les deux moitiés de la ville, désormais réunies. En partant d'un point précis : la place de Potzdam « que le Mur avait coupée en deux. Elle appartenait autant aux Berlinois de l'Ouest qu'aux Berlinois de l'Est. Elle a été réaménagée en priorité, pour que chacun s'y sente chez soi ».
1. Accueillir les institutions. Juste après la réunification des deux Allemagne, un an plus tard, Berlin redevient capitale fédérale. « Pour accueillir les institutions et les administrations, un concours d'architecture a été lancé. Des bâtiments ont été rénovés, comme le Reichstag, et un îlot administratif a été construit à la fois sur Berlin-Est et Berlin-Ouest, ainsi encore mieux arrimées l'une à l'autre. Puis des ambassades, souvent de prestige, ont complété le paysage ».
2. Recréer de l'habitat. De nombreux espaces publics étaient redevenus disponibles : « pour éviter la spéculation, six zones réservées à l'habitat ont été définies, pour anticiper une forte croissance de la population 3,5 millions d'habitants qui ne s'est pas produite : deux zones auraient sans doute suffi. Le résultat est que Berlin est restée une ville très abordable, surtout pour les jeunes ». D'autant que des formules d'habitat groupé ont été mises en place. « Aujourd'hui, les pouvoirs publics n'investissent plus dans le logement : ils créent les infrastructures et laissent la main au secteur privé » . Tout en veillant à fixer les habitants, par exemple en orientant la construction de centres commerciaux en ville plutôt qu'en périphérie.
3. Protéger les espaces verts. Berlin comptait de nombreux espaces verts, fruits, en partie, des destructions de la Seconde guerre mondiale. « L'objectif a été de les préserver, par exemple en aménageant un maximum de parcs publics et d'espaces de détente, qui rendent la ville d'autant plus attractive ». Des terrains libérés par les chemins de fer ont ainsi été réorientés. La fermeture de l'aéroport de Tempelhof, et celle, demain, de l'aéroport de Tegel « trop urbains, d'où des problèmes de bruit et de sécurité » prolongeront l'effort.
4. Des « aimants ». Ville polycentrale, Berlin est très bien desservie par les transports en commun urbains. Lui manquait une gare centrale : la Hauptbahnhof a été achevée juste avant le Mondial de football en 2006. « Les critiques sur son coût se sont tues, parce qu'elle joue son rôle dans le trafic ferroviaire, et parce qu'elle a, comme un aimant, attiré de nouvelles constructions autour d'elle ».
L'extension de l'aéroport de Schönefeld, érigé en plate-forme internationale, à l'est de la ville, devrait, de la même manière, aider à la revitalisation de quartiers sinistrés. Il complétera le statut de capitale de Berlin, en la reliant au monde. Et gommera, enfin définitivement, l'époque du repli sur soi, symbolisée par le Mur.
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