Après avoir relâché les pirates, le Louise-Marie est revneu sur sa zone de contrôle.
(photo EdA)
La frégate belge "Louise-Marie" a parcouru cette semaine quelque 800 miles nautiques (près de 1.500 km) pour ramener près des côtes somaliennes des pirates présumés interceptés en plein océan Indien, a indiqué dimanche son commandant, le capitaine de frégate Jan De Beurme.
La frégate a été appelée lundi à la rescousse après que des pirates eurent tenté de s'emparer d'un navire, le "Cap Saint-Vincent", à quelque 400 miles au large de la Somalie et à égale distance des îles Seychelles.
Arrivé sur les lieux, le "Louise-Marie" a découvert quatre personnes à bord d'un skiff, qui se sont rendues après avoir jeté leurs armes et une échelle par dessus bord comme l'a constaté l'hélicoptère "Alouette III" embarqué sur la frégate, a précisé le commandant De Beurme par téléphone depuis les Seychelles, où son bâtiment fait escale.
Cherchant à déterminer s'il ne s'agissait pas des pirates qui s'étaient emparés du navire belge "Pompei" de mi-avril à fin juin, le capitaine de la frégate les a détenus - comme il en a le droit en vertu de la loi - durant 24 heures à bord, avant de les relâcher, faute de preuves.
Le "Louise-Marie" a toutefois dû parcourir 400 miles, jusqu'à la limite des eaux territoriales somaliennes, pour les remettre à la mer avec leur embarcation, à 70 km au nord de la capitale, Mogadiscio, dans une zone où ils ne risquaient pas d'être victimes des conflits entre clans somaliens, a ajouté l'officier. Le navire a ensuite refait le même trajet en sens inverse pour reprendre sa mission de patrouille dans l'océan Indien dans le cadre de l'opération européenne Atalanta de lutte contre la piraterie.
La Belgique, un Etat de droit
"La Belgique est un Etat de droit qui respecte les procédures", a souligné le commandant De Beurme. Le "Louise-Marie" (appelé aussi familièrement "Loma"), l'une des deux frégates de la Marine, participe à l'opération européenne Atalanta de lutte contre la piraterie depuis le début du mois de septembre et jusqu'au 13 décembre. Elle a reçu ce week-end la visite du ministre de la Défense, Pieter De Crem.
Le capitaine de la frégate a dressé un bilan de sa mission à mi-parcours, assurant que son bâtiment et son équipage de 169 personnes avait réalisé un "sans faute jusqu'à présent" pour une première participation belge à une opération de lutte contre la piraterie. Il s'est aussi félicité des "relations extraordinaires" qui existent avec le parquet fédéral, toujours à la recherche de la dizaine de pirates qui avaient retenu durant 68 jours, entre le 18 avril et le 28 juin, le navire belge "Pompei", un bateau spécialisé dans le transport et la pose de roches, copropriété des sociétés Jan De Nul et Deme.
La bâtiment et son équipage avaient été libérés après le paiement d'une rançon. "La Belgique n'a pas oublié" les auteurs de cet acte, a souligné le commandant De Beurme, qui a fait vérifier les empreintes digitales et les photos des quatre personnes prises à bord.
Avec Belga