C'était il y a un peu plus de vingt ans, le 26 avril 1986. Une explosion retentissait au sein de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine. Cinquante mille personnes devaient, en quelques heures, quitter dans la précipitation leur logement, leur ville sans espoir de revenir un jour vivre là où ils avaient fait leur vie. Une région entière était ainsi pratiquement entièrement vidée de sa population (sept cents Ukrainiens vivent toujours sur place).

Longtemps, les spécialistes ont indiqué que plus aucune vie, animale ou végétale, ne pourrait se développer dans cette zone large de 30 km autour de la centrale. Ou, en tout cas, que la moindre forme de vie qui s'y développerait subirait des mutations génétiques importantes. Aujourd'hui, il semble pourtant qu'ils se soient trompés. Le lieu maudit revit peu à peu.

Faune et flore de retour

Les auteurs du documentaire A la conquête de Tchernobyl diffusé dimanche dans le Jardin extraordinaire montrent que les ours ont peu à peu reconquis un territoire qu'ils avaient pourtant déserté durant plus d'un siècle. Et ils ne sont pas revenus seuls. Des centaines d'élans, de renards, de chevreuils, de sangliers et de loups sont venus repeupler une terre rendue à la nature, vierge désormais de toute exploitation industrielle, de pollution (autre que celle de la centrale), de pesticides et de prédateurs.

La petite faune aussi a repris ses droits suite au retour de milliers d'insectes et d'oiseaux. C'est en réalité toute la chaîne alimentaire qui est en train, petit à petit de se reconstituer. Et ce, malgré la contamination qui perdurera pendant des milliers d'années encore.

Un documentaire qui se veut donc optimiste, mais qui doit peut-être être nuancé. Le spécialiste Thierry Hance apportera son expertise juste après la diffusion du sujet.La Une, 20.10