La Cave Mc Auliffe est un haut lieu de l'histoire de Bastogne. C'est là que le général américain a écrit ce fameux Nuts qui a rendu célèbre la ville à travers le monde. Avec l'annonce de la fermeture de la caserne, de nombreux historiens, des collectionneurs, mais aussi des vétérans américains de la Bataille des Ardennes ont voulu apporter leur soutien sous forme de pétitions et de lettres personnelles, tant aux États-Unis qu'à travers l'Europe. Le chef de la Défense, le général Delcourt, a été alerté par cet élan en faveur de cet endroit historique et s'est déplacé jeudi après-midi dans la caserne du Sous-Lieutenant Heintz pour y découvrir un travail de mémoire qu'il a voulu saluer en mettant à l'honneur les soldats bénévoles qui préservent ce lieu.

Le général Delcourt était aussi bien entendu présent à Bastogne à la suite de l'annonce du plan du ministre de la Défense Pieter De Crem de fermer la caserne de Bastogne et d'envoyer le 1er régiment d'artillerie à Braschaat. Même s'il annonce vouloir rassurer les soldats, il n'a cependant rien annoncé de particulier concernant un éventuel maintien d'une présence militaire à Bastogne. Il s'est contenté de confirmer l'intérêt pour la conservation de la cave.

Le bourgmestre de Bastogne, Philippe Collard reste sur sa faim. « Le chef de la Défense n'a pas eu la même interprétation de la discussion qu'il a eu lieu dans le Kern (le conseil des ministres restreints) et il n'a sans doute pas eu non plus l'intervention du ministre De Crem au sein de la commission de la défense. Il a dit qu'il demanderait à l'état-major de trouver une solution pour maintenir une présence militaire à Bastogne. J'espère pas uniquement la Cave Mc Auliffe. Le général a seulement annoncé qu'un tel bâtiment ne pouvait pas disparaître ; c'est le seul message positif. J'en prends acte, mais c'est vraiment la moindre des choses. »

Poursuivre le combat Le mayeur bastognard veut poursuivre le combat pour le maintien du 1A à Bastogne. « Je continue à crier haut et fort que la Cave Mc Auliffe n'a de raison d'être qu'à l'intérieur d'une caserne et entourés de militaires. Notre combat comme parlementaire luxembourgeois est de démontrer au ministre et à son état-major de revoir leur plan qui n'a pas été définitivement approuvé. Il faut le revoir pour des questions sociales, économiques, mais aussi militaires ? Jamais une arme n'a été présente que dans une communauté linguistique. Le plan rompt dangereusement avec l'équilibre linguistique. Il faut aussi que l'état-major comprenne que c'est le gouvernement qui décide. Celui-ci a d'ailleurs demandé au ministre de mettre en place un groupe de travail pour la mise en place des modalités de ce plan. » Le lobbying se poursuit donc pour le maintien d'une caserne à Bastogne. Le dossier reste chaud.