C'est le 19 octobre que plusieurs riverains du circuit de Francorchamps ont entrepris de créer un site internet, www.defendonsfrancorchamps.b e, qui vise en réalité à récolter des signatures à leur pétition. André Jamar, Thierry de Bonhome, Pol Sibille, Michel Pauquet et Christian Kinot, rejoints par l'informaticien Antoine Winants, ne s'attendaient manifestement pas à susciter autant de signatures.
Rubens BarrichelloCe jeudi, les internautes étaient plus de 20 000 à avoir manifesté leur soutien, dont 652 riverains. Parallèlement, une pétition manuscrite a circulé dans le village, récoltant jusqu'à ce jour 1 954 signatures, dont 301 de riverains « directs ». Pourtant, souligne Thierry de Bonhome, par ailleurs directeur du centre de maîtrise automobile, « tout a commencé entre copains, autour d'un verre ».
Comme l'explique Antoine Winants, « des personnes du monde entier ont signé. Il y en a d'Argentine, des États-Unis, de Bulgarie, de Lettonie, etc. » . Et parmi les internautes les plus célèbres, un certain Rubens Barrichello a apposé sa signature également, comme s'en réjouissent les riverains.
« Pas de zizanie »Malgré cet engouement manifeste, les défenseurs du circuit se disent opposés à toute confrontation. Cette initiative est bien entendu née suite à l'arrêt du Conseil d'État, le 21 septembre, suspendant le permis d'exploitation du circuit suite à une plainte de l'ASBL Sourdine voici 2 ans et demi. « Nous ne voulons pas créer la zizanie au sein du village, insistent-ils. Mais force est de constater que nous formons la majorité silencieuse qui est en faveur du circuit. Nous en avons assez de la mauvaise image de Francorchamps qui est véhiculée. Nous ne voulons pas être assimilés à une minorité de riverains qui ont commencé à faire trop de bruit autour d'eux » . Entendez : ceux de l'ASBL en question.
Et ce que le nouveau comité de riverains entend défendre avant tout, ce sont les incentives, ces journées où des entreprises ou des privés louent le circuit. en dehors des compétitions automobiles à proprement parler, « les incentives sont indispensables, elles génèrent des emplois dans toute la région et toute la Belgique ». Ce sont pourtant elles qui sont dans la ligne de mire des riverains dénonçant des dérives acoustiques du circuit. « Les soi-disant nuisances sont sous contrôle », rétorque-t-on, en ajoutant que « le circuit a investi dans du matériel tel que sonomètres et bornes, démontrant par là, la volonté de respecter des normes acceptables dans le cadre d'une cohabitation entre la population et des activités de sports moteurs » .