Ca commence avec un saxo, appuyé par une sirène, relayé par un premier couplet et puis, dès le premier refrain, c'est sûr, la chanson reste dans la tête.

Alors on danse est n° 1 à l'Ultratop en Wallonie (le classement officiel des ventes) depuis quatre semaines et tourne en boucle sur NRJ. Il est extrait d'un album qui n'existe pas encore, mais qui devrait arriver en 2010. Son auteur, c'est Stromae (pour maestro en verlan), de son vrai nom Paul Van Haver, un jeune Bruxellois d'origine belgo-rwandaise de 24 ans.

Fraîchement diplômé en cinématographie à l'INRACI, il s'est lancé en janvier dans la réalisation d'un album. L'originalité : il filme, depuis, la préparation de chaque chanson dans des séquences qu'il appelle « leçons », seul avec son clavier, son ordinateur et son micro : « Je teste certaines chansons, je demande aux gens de donner leur avis, dit Stromae. Certains morceaux ne seront pas sur l'album ».

Comme la dernière leçon, la n° 15 qu'il a tournée sur la pelouse du Stade Roi Baudoin... entièrement vide.

La fameuse chanson Alors on danse fait l'objet de la « Leçon n° 8 ». Ce n'est pas son coup d'essai, son tout premier titre Up Saw Liz (ne cherchez pas, ça ne veut rien dire) était déjà passé à la radio, mais avec un succès bien plus modéré que celui de Alors on danse.

« Je sentais que cette chanson avait un potentiel, mais pas à ce point-là », dit-il modestement.

Gamin, Stromae a appris le solfège et a joué au basket. Et bien avant de se lancer dans l'électro, il a fait du rap : « J'ai commencé en quatrième secondaire avec des copains, juste comme ça. Mais moi, j'étais sûr que je voulais partir là-dedans. J'ai continué tout seul et j'ai sorti un CD quatre titres. » Un mini-album qui se vendait de main à main aux concerts. Mais il a quand même tenu à faire ses études, « pour les parents et puis parce que c'est important ». Maintenant, il réalise ses clips (deux pour le moment) en famille avec notamment son grand frère graphiste et photographe.

Le projet est pour le moment indépendant de tout label. Il a créé une petite structure d'édition indépendante et travaille seul dans son home studio. Quand on entendra le résultat ? En 2010, mais encore ? Il ne le sait pas vraiment. Et puis même, il ne le dirait pas : paraît que ça porte malheur.