Pourquoi mon enfant est-il homosexuel ? Que dire au reste de la famille ? Comment l'aider à s'épanouir et à affronter l'homophobie ? Pourra-t-il fonder une famille ?

Face à l'homosexualité d'un enfant, les questions et les craintes des parents sont multiples. Pour les aider, les associations Tels Quels et Ex Aequo ont réalisé une brochure. Elle est destinée à mieux comprendre et, surtout, à mieux accepter l'orientation sexuelle de leur enfant.

Pas de recette miracle ou de réponse toute faite, mais plutôt quelques pistes de réflexion qui aideront les familles perdues par rapport à cette situation.

1. La faute de personne Face à l'homosexualité de votre enfant, vous éprouvez le besoin de savoir pourquoi il n'est pas hétérosexuel. « Ai-je été trop sévère ? », « L'ai-je trop couvé ? » . Il n'y a pas d'explication à l'homosexualité. Personne, lit-on dans la brochure, n'est responsable ou « coupable ».

2. L'homosexualité n'est pas un choix Il peut être difficile de réaliser que son enfant n'aura pas la vie rêvée pour lui. Mais votre enfant n'a pas choisi d'être homosexuel ; il ne faut donc pas lui en vouloir. L'orientation sexuelle est un des éléments qui déterminent la personnalité de chacun.

3. Pas une maladie L'homosexualité n'est pas une maladie ni un trouble psychologique, expliquent les associations. Il n'est donc pas question de la « soigner » ou de la « guérir » par des médicaments ou par une psychothérapie. Par contre, un soutien psychologique peut s'avérer utile en cas de difficultés à l'assumer.

4. Renouez le dialogue Si le moment de l'annonce a été difficile, mieux vaut réinstaller le dialogue avec votre enfant. Les secrets et les non-dits ne font que fragiliser son estime de soi et votre relation avec lui.

5. Vous pourrez être grands-parents Vous pensez que vous ne serez jamais grand-parents ? Faux, expliquent les deux associations. En Belgique, les couples gays et lesbiens peuvent se marier et avoir des enfants. Grâce à l'adoption, la procréation médicalement assistée ou encore des projets de coparentalité.

6. Besoin d'échanger ? Si vous vous sentez concernés, l'association Tels Quels vous invite à rencontrer d'autres parents qui vivent la même situation que vous.

L'homophobie toujours présente

Le Centre pour l'égalité des chances lutte depuis six ans contre la discrimination homophobe.

En 2008, un peu plus de 5  % des plaintes déposées concernaient la discrimination liée à l'orientation sexuelle des personnes. Un chiffre qui ne semble pas considérable.

Pourtant, la discrimination homophobe est plus importante que ce qu'on pense.

«  L'homosexualité est de plus en plus présente dans les médias, constate Yves Dario, du Centre pour l'égalité des chances et lutte contre le racisme. On pourrait croire que cela aide à la normaliser et à l'accepter, mais ce n'est pas pour autant que l'intégration se passe mieux.  »

C'est dans le domaine de l'emploi que la discrimination se ressent le plus.

«  Les plaintes relèvent souvent du harcèlement au travail  : blagues et moqueries de la part de collègues, qui créent un climat de travail pénible pouvant mener à une hausse de l'absentéisme  », précise Yves Dario.

La discrimination peut aussi apparaître au moment du recrutement  : «  Votre style de vie ne convient pas  », entendra par exemple un candidat homosexuel.

Enfin, les problèmes de «  vivre ensemble  » sont également fréquents. «  Des conflits peuvent apparaître dans les relations hors boulot, comme le voisinage, avec des cas de coups et blessures pour motif homophobe  », souligne Yves Dario.

Les auteurs de discrimination homophobe sont régulièrement jugés et condamnés. Mais les spécialistes préconisent plutôt la conciliation entre auteur et victime, qui s'avère en général plus efficace pour chaque partie.

A. M.
 
 

La brochure « Mon fils, ma fille est homo... Qu'est-ce que ça change ? » peut être commandée au 02/512 45 87 ou 736 28 61.

Groupe Parents : 02/ 502 00 70

www.telsquels.be

www.jeunexaequo.be