Il crie : « Patrick, je largue la PRM, tu peux ravaler ! » Puis, pour lui-même : « L'an prochain, on prendra des radios, ça ne va pas de devoir hurler comme ça pour se faire entendre. » Il laisse filer la corde, baptisée PRM, qui s'évanouit dans le profond fossé. De l'autre côté, cinquante mètres en face, Patrick ramène le filin à lui... Restent quelques mousquetons à ramasser et l'épreuve phare de ce GrimpDay sera terminée pour Richard Coqc et l'équipe des pompiers de Namur, celle du brancardage et de la tyrolienne au fossé de Médiane. « Pas le plus compliqué, mais le plus technique des exercices de la journée », commente le chef d'équipe, très satisfait du travail de ses hommes.

Le scénario ? Un blessé grave se trouve au fond d'un trou difficilement accessible, il faut le dégager le plus vite possible et en toute sécurité. Les six pompiers namurois, tous spécialisés dans les sauvetages en milieu périlleux, arriment des cordes à des arbres de part et d'autre du fossé. Cet axe horizontal permet de remonter le blessé à la verticale, après l'avoir installé sur une civière.

Le poids du commandant

Pas de treuil motorisé : on tracte à la force des biceps et c'est... plus lourd que prévu ! En lieu et place de la victime virtuelle prévue, choisie pour son petit poids, se trouve Jean-Pol Charlier, le commandant des pompiers de Namur. « Dis donc, il a grossi, lui ! », rigole un de ses hommes en tirant la corde. On est détendus, mais concentrés : la moindre erreur se paye cash. « C'est comme en plongée : c'est on ou off, ça passe ou ça casse, il n'y a pas de demi-mesure », note Richard Coqc.

Pendant toute l'opération, des contrôleurs surveillent et prennent des notes. « Il n'y a pas que la vitesse qui compte, rappelle Richard Coqc. On est aussi cotés sur la coordination et le calme dans l'équipe, l'attitude du chef, et bien sûr le respect de toutes les normes de sécurité. C'est même le plus important : que la victime s'en sorte confortablement et sans plus de dommages. » Les Namurois avaient terminé une fois deuxièmes et deux fois troisièmes lors des précédentes éditions du GrimpDay . Ils ne montent pas sur le podium cette fois, mais obtiennent le Prix spécial des contrôleurs. « C'est un peu le prix de la confiance, note l'organisateur de la journée, Laurent Lombart. Il est décerné par les contrôleurs à l'équipe par laquelle ils préféreraient être eux-mêmes secourus le cas échéant ! »