Dans sa cave à vins, construite de ses mains, Jean-Luc Verswijvel contemple le mur de tire-bouchons qui décore la pièce. Sur le côté, des bouchonneuses en bois et en métal se taillent un petit espace tant bien que mal. C'est que la pièce n'est pas gigantesque et tout le monde doit trouver sa place.

Cela fait deux ans que le virus du tire-bouchon a piqué ce quinquagénaire natoyen. Depuis, chaque week-end, le collectionneur enfile ses baskets pour aller fouiner les brocantes et dénicher le tire-bouchon rare.

« Au début, je n'achetais que les tire-bouchons en bois. Parce que je trouvais ces objets très jolis. Puis j'ai trouvé des pièces en métal. Plus elles étaient vieilles, plus ça me plaisait... ». La collection de tire-bouchons s'est ainsi étoffée. Aujourd'hui, Jean-Luc Verswijvel en compte environ 150. En bois, en métal, de plusieurs matières, des simples, des figuratifs, des compliqués, à manivelle, à vis, à crémaillère, à ficelle... « Ce qui me plaît, c'est étudier le mécanisme du tire-bouchon. Vous n'imaginez pas comme certaines pièces de l'époque sont intéressantes... Ceux que je préfère sont ceux qui possèdent un mécanisme à crémaillère » .

Brocante oui, eBay non !

Tous les tire-bouchons de la collection du Natoyen ont été trouvés en brocante. Et pas achetés sur eBay. Trop facile, dit le passionné. Trop cher aussi. « Mon plaisir, c'est de fouiner, de trouver une pièce que je n'ai pas encore, à petit prix. Quand je rentre, je regarde sa valeur dans la bible du tire-bouchon, La folie des tire-bouchons, et je suis content. Un jour, j'en ai trouvé un à la brocante de Strud à 50 cents ; vérification faite, il valait 185€. Mais ça, c'est rare ». Dans sa collection, Jean-Pierre Verswijvel compte une quinzaine de pièces de valeur. Les autres valent en général moins de cent euros. « Sur internet, certaines pièces de collection peuvent monter jusque 2 000, 3 000€. C'est de la folie ».$ Si l'homme n'achète jamais sur eBay, il passe par contre chaque jour un bon moment sur internet pour chercher, comparer les tire-bouchons sur les sites de vente. « Je regarde les valeurs. Mais jamais je n'achèterai, car ça enlève tout l'attrait de la collection ». Le collectionneur n'hésite pas à faire des kilomètres pour aller fouiner. En Belgique, il se rend régulièrement dans les Ardennes. Et quand il part en vacances à l'étranger, il prend du plaisir à passer en revue tous les vide-greniers du coin. « L'un de mes tire-bouchons vient d'Ardèche. En général, on

trouve de plus belles pièces en France qu'en Belgique. D'où mon goût pour les vacances en France ; et comme nous apprécions beaucoup le vin, nous en profitons pour choisir une région où il y a des caves à vins à visiter ». « Ma femme est douée » Jean-Luc Verswijvel est vraiment un passionné. Et tant qu'il en aura la possibilité, il poursuivra ses pérégrinations à la recherche du tire-bouchon d'exception. Au grand dam de sa femme, Francine, qui a bien du mal à comprendre les levers trop matinaux de son mari...

« Ma femme ne vient pas toujours avec moi, car je pars tôt. Mais quand elle vient, elle fouine plus que moi... Elle est douée ! Mais je vous rassure : la semaine, je m'occupe très bien d'elle... », conclut en souriant le collectionneur.