«Je veux montrer que nous abandonnons la politique de la chaise vide pour être présents un peu partout et pour collaborer avec nos voisins. Nous n'avons aucun intérêt à nous replier sur nous-mêmes. »

Michel Franceus, qui a accédé voici trois mois à la présidence de l'Intercommunale d'études et de gestion (Mouscron-Estaimpuis-Comines), a parfois donné l'impression que le reste de Wallonie picarde ne l'intéressait pas beaucoup. Et qu'il se méfiait de l'intercommunale voisine, soupçonnée de vouloir mettre le grappin sur le trésor de l'IEG.

Non à la fusion, oui au travail en commun

Vendredi, lors d'une conférence de presse, M. Franceus a apporté un démenti très clair à tout cela. Certes, il reste opposé à une fusion avec Ideta, en charge du développement économique sur l'axe Tournai-Ath-Lessines-Enghien, mais c'est un oui franc et massif pour travailler ensemble.

Outre une adhésion récente à la Maison de l'entreprise, IEG a de très nombreux projets en commun avec Ideta : schéma de cohérence territoriale, plan de mobilité Wallonie picarde, présence dans l'Eurozone Lille-Courtrai-Tournai, réflexion sur la qualité dans les parcs d'activité économique, accompagnement du secteur agroalimentaire, réhabilitation des sites désaffectés etc. « On veut vraiment s'impliquer ! » affirme Michel Franceus.

IEG new look

« Si, dans le cadre du projet Convergence, nous avons obtenu des crédits européens importants, c'est en raison de la synergie entre nos intercommunales, ajoute Michel Flament, président d'Ideta, invité à la conférence de presse. Les préoccupations relatives à la qualité dans les zonings rejoignent les nôtres, car il y va du respect des citoyens et des travailleurs. »

Comme preuve que la qualité n'est pas qu'un vain mot pour l'IEG new look, M. Franceus avance la création «quasi terminée» d'une voirie de desserte dans le zoning du Haureu, ce qui permettra à certains camions d'éviter la chaussée de Dottignies.

Prendre une autre voie

Cela réjouit tout particulièrement le bourgmestre Gadenne, domicilié dans l'artère précitée. « Il est temps qu'on s'intéresse à l'environnement et aux riverains, a dit vendredi M. Gadenne. Diminuer l'impact des odeurs ? On y travaille mais il faut bien se rendre que parfois, comme chez Vandeputte, il faudrait verser des millions de litres d'eau de Cologne pour que ça ne sente pas... »

Autre intention : la création de zones économiques à tout va, c'est fini ! Jeudi soir, le conseil d'administration d'IEG a « mis au frigo » les projets du Moulin Rouge et de la Croix Rouge. Grâce à la réalisation toute récente d'un cadastre des zones industrielles, on va, demain, pouvoir faire autre chose que du « vogelpik ». « Il nous reste 100 ha disponibles, dont 40 en option pour le Cora, constate M. Franceus. Les candidats investisseurs sont nombreux, souvent pour de grandes surfaces, alors que nous, nous voulons des PME à haute valeur ajoutée. Et sans nuisances. »