Pour la première fois depuis 25 ans, Albert Roulive ne lâchera pas ses «fauves» aux fêtes de Wallonie. La tendance est à la morosité...
Sa casquette de tweed, sa bonne moustache de papy gâteau et son accent traînant ont fini par faire partie du décor. Au même titre que le chapeau du Molon ou la témérité des échasseurs. Albert Roulive, c'est un grand classique des fêtes de Wallonie.
Le lundi après-midi, la statue de l'Ange, sur la place du même nom, avait aussi pris l'habitude de prêter une oreille amusée aux blagues et bons mots de cet amuseur public. Un des trop rares comiques namurois.
Mais voilà, cette année, l'humoriste a décidé de déposer le micro. «Je serai en Hollande», signale-t-il. Et pas spécialement à la pêche aux sketches. Non, l'homme a plutôt l'envie de prendre du recul par rapport aux festivités de septembre. «Mais que les Namurois sachent que je n'ai vraiment rien contre eux! Et je n'ai rien non plus contre le quartier de l'Ange.»
Le blanc des yeuxAlors, quid? Pourquoi cette absence alors que l'artiste était mentionné dans les programmes des quartiers et qu'il est d'ailleurs toujours annoncé sur le site internet officiel des Fêtes de Wallonie?
Albert Roulive prend maintes précautions avant de s'exprimer. Comme s'il marchait sur des oeufs.
«J'ai toujours pris l'habitude de brocarder les hommes politiques enplace. Quels qu'ils soient», insiste-t-il.
On se souvient ainsi que le Namurois avait lâché à l'adresse de l'ancien mayeur Bernard Anselme: «La seule chose de rouge qu'il a en lui, c'est le blanc de ses yeux...»
La liberté d'expression reste une des valeurs fondamentales de notre démocratie. C'est aussi ce qui lui a été confirmé au sein du CPAS de Namur, son actuel employeur.
«Je fais un break!»Oui mais voilà, Albert Roulive n'a pas trop envie de se lâcher cette année. «Quand on assiste àmes spectacles, il faut un certain humour pour recevoir tout ce que je balance. Cette année, je n'ai pas trop l'impression qu'il y en ait suffisamment...»
L'humoriste va plus loin et parle même d'un climat général de morosité sur Namur. «Quand on croise les gens, on n'a pas vraiment l'impression qu'il y ait un gros engouement pour ces fêtes. Comme s'il y avait une petite réserve», a pu récemment constater Albert Roulive.
«Et puis, ces derniers temps, on a pris beaucoup de mesures de restrictions pour les forains, pour les conditions générales de la fête... Et ça crée une réelle morosité. Moi, entout cas, je ne me sens pas en phase avec cette ambiance-là. Pas suffisamment pour être présent cette année.Je fais un break!»
La décision n'est donc pas définitive. Mais elle est ferme et catégorique pour l'édition 2007. Et c'est bin damadje!