Les prévisions en terme de chômage sont préoccupantes. Le chômage économique en particulier : en janvier 2009, 6 040 personnes (4 00o en 2008) ont été concernées. « En ce qui concerne l'emploi, ce n'est pas mieux avec une estimation (pour le pays) d'une diminution de 100 000 emplois en 2010 », dit Ronald Duval, secrétaire fédéral FGTB Tournai-Ath-Lessines. Au niveau régional, on n'est pas épargné par les difficultés liées à la crise mais les entreprises locales (essentiellement des PME ou TPE) ont bien tenu le coup. Ronald Duval prévient cependant : « Les carnets de commandes de 2009 étaient bien remplis parce que nos entreprises ont bien travaillé en 2008. C'est à présent que la crise risque de se faire ressentir : les stocks s'accumulent ».

Paradoxalement, c'est quand des signes positifs sont perceptibles, un an quasiment jour pour jour après le début de la crise mondiale, que les entreprises régionales risquent de subir le retour de flammes. « Ça va effectivement mieux au niveau de la bourse, mais l'expérience nous a démontré qu'il fallait rester prudent. Et puis, l'impact positif espéré ne sera pas ressenti avant le milieu de l'année 2010 », prévient Ronald Duval.

Un déficit de communication

Le tissu économique régional bénéficierait trop peu des retombées du plan Marshall au moment où il aurait comme ailleurs besoin d'un sérieux coup de pouce. « On a coutume de dire que la Wallonie s'arrête à Mons. On va finir par se dire que l'adage est bien réel », regrette Ronald Duval. « Des régions sont favorisées, la répartition n'est pas faite de manière équitable », assure Jean Peeters, président régional de la FGTB.M. Duval acquiesce : les grands bassins industriels comme Liège ou Charleroi bénéficient de plus larges retombées. « Pourtant, ce sont ces PME oubliées qui créent le plus d'emplois ». En cause, estiment les syndicalistes, un déficit de communication (« nous aurions espéré la mise en place d'une cellule spéciale ») et un modèle peu adapté au profil des entreprises régionales (96 % de PME et de TPE) « qui n'ont ni les ressources ni le personnel pour rentrer dans le plan Marshall » ... Les syndicalistes ont conscience que le plan Marshall aura des effets positifs sur l'emploi régional, à moyen et long terme. « Mais il doit aller plus loin afin de dégager des solutions plus immédiates en terme d'emplois », disent-ils. Sur l'axe Tournai-Ath-Lessines, trente-huit entreprises régionales font partie des pôles de compétitivité, une vingtaine de sites désaffectés non pollués sont assainis (pour un montant de 21 millions €), quelque 50 000 € ont été ou vont être investis dans les zonings, quatre centres de technologie avancée ont été mis en place. « Nous ne possédons malheureusement aucun chiffre régional en terme d'emplois, tant créés qu'annoncés. Il y a un manque de transparence, à tel point que beaucoup de monde s'interroge sur l'impact réel du Plan Marshall. »